Les banderoles affichées devant le siège à Kawéni
Les banderoles affichées devant le siège à Kawéni

Le mouvement Colas s’est durcit depuis le passage de 4 syndicalistes à la barre du tribunal, qui les a condamnés pour entrave à la libre circulation. Un camion stationné devant le dépôt à Kawéni, avait été incendié.

Une première réunion s’était tenue la semaine dernière, au cours de laquelle la direction avait émis comme préalable la remise en état des sites, notamment de l’électricité et de la connexion internet. Les délégués syndicaux avaient de leur côté lâché du lest sur leurs revendications, sans plus d’effet sur la direction. Contrairement aux salariés qui s’estimaient trahis par leurs représentants syndicaux.

Ce mardi matin, une réunion de conciliation devait se tenir à la Dieccte (direction du travail), à la demande du préfet, nous précisent les salariés. Mais les dommages causés à son camion a refroidi la direction de Colas qui ne s’est pas rendue à la négociation, provoquant la colère des délégués syndicaux de la société. Et surtout, la fureur des salariés qu’ils sont censés représenter, qui les ont écartés aussitôt après leur retour de la Dieccte. Une « base » qui dénonçait leur inefficacité.

Bureaux dévastés, ordinateurs cassés

Le camion Colas aurait pris feu dans la nuit de mercredi à jeudi
Le camion Colas incendié

Le délégué CGT Moussa Ben Youssouf est de ceux-là. Il raconte ce qu’il a vu : « J’ai entendu parler de dégradations ce mardi dans les bureaux de la Colas Centre route, qui gère les véhicules, et où une machine aurait été brûlée, et à la Colas Centre Bâtiment, où tout a été dévasté dans les bureaux, les ordi, etc. Je suis arrivé alors que la gendarmerie faisait les constatations. »

Il le souligne, les délégués ne maîtrisent plus rien, « ils nous ont jugés peu crédibles », mais rappelle qu’il avait prévenu qu’en l’absence de négociation, la situation pouvait déraper. « Comment expliquer que les DRH soient venus de La Réunion après 3 semaines de conflit, pour nous demander qu’elles étaient nos revendications ?! Ni l’électricité ni internet n’étaient encore coupés, ils auraient pu regarder. »

Et revient sur les raisons de la colère à ce moment où Mayotte bascule vers le droit commun en matière de code du travail. « La direction nous avait convoqués pour nous expliquer que les indemnités de plusieurs dizaines de milliers d’euros données lors des départs en retraite, ne sont plus d’actualité. Ce qui veut dire que les vieux de l’entreprise qui sont en CDI ne toucheront pas plus de 500 euros du montant habituel à Mayotte, étant donné qu’il n’y a pas encore de retraites complémentaires. »

24 licenciements à la Colas

Blocage d'une voie de circulation ce vendredi matin
Les 3 premières semaines, défilés quotidiens pacifiques des grévistes

Certains n’ont eu que des contrats de chantier selon lui, et ne devraient rien toucher :  « L’un d’entre eux nous a dit ce matin qu’il totalisait 24 licenciement à la Colas. Il n’a donc aucune ancienneté. »

L’ensemble de la fédération CGTR du Bâtiment et Travaux Public de La Réunion indique apporter « sa totale solidarité aux travailleurs du BTP de Colas Mayotte et au dirigeant de la CGTMa » : « Dans le cadre de nos relation fraternellement et solidaire la CGTR BTP reste à disposition des camarades pour concrétiser la solidarité agissante entre nous. J’ai essayé de prendre contact afin de mettre la direction de Colas Mayotte à la table de  négociations à travers un échange avec Boris Duverger, mais je vois que le mouvement dure toujours je n’est pas de retour sur les négociations », indique son représentant, Jacky Balmine.

Une situation qui est devenue « grave » selon les termes de Moussa Ben Youssouf, « je ne sais pas comment cela va évoluer. J’espère que la direction fera un signe avant que les salariés n’entrent dans le 3ème bâtiment, celui de ETPC »…

Pendant ce temps, les chantiers, peu nombreux actuellement, sont arrêtés. En particulier celui en cours à l’ISDND.

Anne Perzo-Lafond
Le Journal de Mayotte