Laurent Mercy présente la méthodologie retenue
Laurent Mercy présente la méthodologie retenue

« Le lagon n’est pas la seule richesse de Mayotte, il faut aussi pouvoir partir à la découverte des richesses intérieures de l’île, sa faune et sa flore », explique au JDM Laurent Mercy, Directeur de l’Office National des Forêts (ONF), avant l’inauguration du Séminaire sur la randonnée ce jeudi. Il se réjouit de l’étude sur la randonnée à Mayotte commandée par le conseil départemental, « cela fait 4 ans que j’attends ça ! »

L’ONF a décroché le marché de 100.000 euros lancé par le conseil départemental en groupement avec l’association Les Naturalistes de Mayotte. L’étude qu’ils ont produite répond à deux préoccupations : « l’entretien et la sécurisation des sentiers de randonnées et les retombées socio-économiques que l’on peut en attendre, notamment sur l’hébergement, la restauration, la vente de produits locaux, etc.

Elle porte d’abord sur l’existant : « D’abord, le sentier de 146 km ex-GR, avec ses 12 étapes en Grande Terre et une en Petite Terre. Il va falloir obtenir de nouveau son homologation Grande Randonnée, retirée en 2004 par la Fédération française de randonnée pédestre, faute d’entretien et de sécurisation. Mais aussi les 5 sentiers thématiques qui couvrent l’île, Ylang, Baobab, Tortues, Padza et Vanille ».

Le sentier comme ouverture vers d’autres horizons

Le paysage au détour d'un sentier de randonnée
Le paysage au détour d’un sentier de randonnée au nord

L’étude à financement départemental devra permettre de bénéficier ensuite de fonds européens sur les actions à mener : « Certaines communes ont commencé. Je pense à Chirongui et son musée itinérant sur la mangrove, ou sur la découverte du kaolin. Mais c’est aussi le cas des GAL, les 3 Groupes d’Action locale de l’île, qui sont déclinés à partir du programme européen LEADER. »

Le 1er COPIL se tenait au cinéma Alpa Joe, en présence d’une trentaine d’acteurs touristiques et agricoles, « car nous devons associer les agriculteurs qui peuvent y voir une filière pour écouler leurs produits. »

Trois groupes de travail sont mis en place. Le 1er intègre les institutionnels, services de l’Etat comme la DAAF, la DEAL, le conseil départemental et son Comité du Tourisme. Le 2ème réunit les acteurs de l’aménagement du territoire, tels que les communes, les intercommunalités, les GAL. L’ensemble des utilisateurs des sentiers compose le 3ème groupe, la Chambre d’agriculture, les restaurateurs, les hébergeurs, les gîteurs, les agriculteurs qui peuvent à la fois proposer et bénéficier des aménagements mis en place.

Les intérêts naturels et culturels des sites

Identifier le foncier que traversent les sentiers
Identifier le foncier que traversent les sentiers

La méthode retenue consiste dans un premier temps, à passer à la loupe les parcelles traversées par les sentiers, « certains propriétaires ne sont pas d’accord et avaient déjà modifié le tracé initial », puis à établir des fiches diagnostic par tronçon de sentier. « Il s’agit là d’analyser l’existant, l’état du balisage, la qualité des marches ou des rampes mises en place, la présence éventuelle d’aires d’accueil… »

Les alentours des sentiers sont scrutés, au travers de différents prismes : « nous étudions l’intérêt naturel, historique, géologique, avec le CDTM, la direction culturelle de la préfecture ou le Musée de Mayotte. Que nous pourrons ensuite transcrire dans des topoguides à usage touristique. »

Une étude sur le mont Choungui sera également proposée, « car l’accès y est trop problématique. »

« Des structures dignes pour les randonneurs »

Raïssa Andhum envisage déjà les structures adaptées
Raïssa Andhum envisage déjà les structures adaptées

La population ciblée… c’est avant tout les habitants du territoire, « beaucoup de sentiers sont méconnus. Or, ils sont complémentaires au lagon. Mais pour y arriver, nous avons besoin de l’adhésion des communes. » Il a déjà celle de la Conseillère départementale en charge de l’Aménagement du territoire, Raïssa Andhum : « Nous devons rendre ce territoire attractif en proposant notamment des structures dignes d’accueillir les randonneurs. »

L’étude doit également permettre la préfiguration d’un Plan départemental des itinéraires de promenade et de randonnée, et du Plan départemental des espaces sites et itinéraires.

Une charte signalétique propre à Mayotte est en réflexion. Une identité entre terre et mer, entre maki et hippocampe ?!

Anne Perzo-Lafond
Le Journal de Mayotte