La réunion de ce vendredi 16 février dernier à Tsararano a été houleuse et, si les leaders des Forces Vives ont cru arriver à une forme de compromis consistant à ouvrir les barrages tout en maintenant une présence pour maintenir la pression, une bonne partie des barragistes n’étaient en fait pas d’accord. Les mécontents ont fait sécession et comptent bien maintenir les barrages fermés en se faisant désormais appeler « les Forces du Peuple"
Ce jeudi 15 février, le courrier envoyé la veille aux Forces Vives et aux élus du territoire par Gérald Darmanin et Marie Guévenoux a été passé au crible. Pour autant, la décision de lever les barrages n’a pas encore été prise, car il faut d’abord que le courrier soit lu et expliqué aux personnes qui tiennent les barrages et qui attendent toujours
Le courrier tant attendu de Gérald Darmanin n’est arrivé que ce mercredi 14 février vers midi entre les mains des Forces Vives alors que tous ses membres étaient réunis en un grand congrès à Pamandzi. Les leaders demandent « un peu de temps » pour analyser son contenu avant d’envisager une levée des barrages.
Alors qu’une atmosphère de liesse régnait dimanche soir au sein des leaders des Forces Vives suite aux annonces de Gérald Darmanin, c’est l’inquiétude qui règne ce mardi soir. En effet, si le courrier ministériel tant attendu ne leur est pas encore parvenu, les Forces Vives craignent toutefois que l’abrogation du titre de séjour territorialisé ne soit conditionnée à un changement de constitution long et laborieux…
Les annonces du ministre de l’Intérieur et des Outre-mer sur la fin du droit du sol à Mayotte et l’abrogation du titre de séjour territorialisé ont donné satisfaction aux leaders des Forces Vives dans « l’euphorie de l’instant ». Dès réception de la confirmation écrite officielle du ministre, les barrages devaient être levés. Toutefois, une réunion avec « la base » des barragistes ce lundi a remis en question cette décision.
Depuis plusieurs mois, le contexte de violences à Mayotte, cumulé aux barrages tenus par des habitants de l'île en colère, a dissuadé certains professionnels de santé de venir travailler sur l’île et fragilisé des soignants exerçant sur le territoire, qui pour certains, songent désormais à partir
Des annonces « historiques » et trois heures de réunion aux « échanges constructifs » n’ont pas permis d’obtenir la levée des barrages, les leaders du mouvement demandant des garanties. Cela devrait être fait au cours de la semaine à venir
Comme annoncé par certains membres des Forces Vives ce dimanche à Tsingoni, le mouvement s’est durci sur les barrages autrefois les plus souples de l’île. Les manifestants de Petite-Terre en particulier ont établi des règles strictes pour être autorisé à barger. Gare à celui ou celle qui cherche à forcer ! Pour faire face à cette situation, un seul mot d’ordre : communiquer avec les barragistes !
Même si d’indéniables progrès ont été faits, l’île aux parfums n’est pas réputée comme étant à l’abri des émanations putrides des déchets qui s’amoncellent. C’est encore pire après des semaines d’arrêt de la collecte, qui doit pouvoir recommencer au compte-goutte
Depuis deux semaines, les routes de Mayotte sont bloquées aux quatre coins de l'île. Malheureusement, les transports scolaires ne sont pas autorisés par les barragistes à passer et ne peuvent acheminer les élèves vers leurs établissements scolaires
Les forces vives de Mayotte avaient appelé la population à se réunir ce dimanche à Tsingoni afin de définir ensemble la poursuite ou non du blocage des routes, et plus généralement de l’île. Si cette situation perdurait et se durcissait, cela va être de plus en plus compliqué pour les habitants de s’approvisionner, surtout dans les commerces alimentaires