A l’appel des Forces Vives de Mayotte, une partie des barragistes ainsi que les soutiens du mouvement se sont réunis à Mamoudzou ce mercredi devant le service des étrangers de la préfecture puis place de la République. 300 personnes environ ont manifesté leur colère envers le préfet
Alors que depuis ce lundi Mayotte est bloquée, d’une part par les manifestants contre l’insécurité et l’immigration clandestine et d’autre part par les délinquants qui profitent du mouvement, les « forces vives » de Mayotte disent s'être organisées pour mettre de l’ordre dans ce chaos. Les barrages pacifiques se poursuivront jusqu’à abrogation du titre de séjour territorialisé, devenue la revendication phare des manifestants
C’est un calme précaire qui domine dans les communes du centre de l’île depuis mardi. Réputées habituellement pour leur calme et leur douceur de vivre, les villes de Chiconi et de Sada ont été, en ce début de semaine, le théâtre d’affrontements entre plusieurs dizaines de délinquants et les forces de l’ordre. Ce mardi, la tension était redescendue d’un cran et la vie semblait reprendre son cours, en apparence tout du moins.
Selon les dires des manifestants, l'usage de la force par le préfet ce week-end contre les barrages érigés par une partie de la population en colère a mis le feu aux poudres, générant une situation de chaos total ce lundi 29 janvier. Non seulement les barrages ont été reformés, mais les délinquants ont profité de la situation pour semer la terreur de plus belle, multipliant les agressions.
La population mêlée à plusieurs collectifs avait averti d'une évolution du mouvement vers une protestation contre l'insécurité et les agressions violentes et quotidiennes vécues par les habitants de Mayotte. Une démonstration de force qui se solde par des blocages un peu partout sur le territoire
La semaine dernière, le collectif des citoyens de Mayotte et de nombreux habitants, ont poursuivi leur mobilisation en protestation contre l’insécurité omniprésente sur l’île et la présence de migrants africains au sein du camp de réfugiés de Cavani
Pendant 20 minutes, l’établissement a été la cible de jets de pierre, mais aussi de fers à béton ce mercredi. Dans une violence que deux témoignages d’enseignants pourtant rodés à Mayotte, décrivent comme une volonté mortifère
Jeudi 25 janvier au matin, sur le parking du stade de Cavani, une foule se forme. Parmi eux, des représentants de l’Etat, du collectif des citoyens de Mayotte, des membres associatifs, des forces de l’ordre et des journalistes. Tous attendent le début du démantèlement du camp de réfugiés, annoncé par le Préfet. Notre rédaction s’est immiscée dans le camp pour donner la parole à ceux qui continuent de vivre malgré leurs pertes
Dans un communiqué appelant leur ministre à les appuyer dans leur façon de rendre la justice à Mayotte en réaction à des critiques de clémence, deux syndicats de la magistrature évoquent également le contexte sur l’île « difficilement mesurable et imaginable pour ceux qui résident ailleurs »
La situation ne semble pas s’améliorer concernant les barrages érigés à des endroits stratégiques sur tout le territoire de Mayotte. Les automobilistes voulant se rendre sur leur lieu de travail se retrouvent bloqués pendant plusieurs heures et sont souvent obligés de faire demi-tour. Quant aux élèves, ils sont privés de cours faute de pouvoir aller à l’école, et ce en dépit du maintien de l’ouverture des établissements scolaires.
Les blocages et barrages qui paralysent Mayotte depuis le début de la semaine continuent d'engendrer d'importantes perturbations. En effet, puisqu'ils sont difficiles à prévoir, leurs conséquences peuvent être imprévisibles, comme ce fut le cas sur les liaisons entre Grande-Terre et Petite-Terre, mercredi 24 janvier matin