La lutte contre l’habitat insalubre a repris de plus belle suite à la levée des barrages. Une opération de décasage massif, toujours dans le cadre de la loi Élan, s’est déroulée lundi matin dans le village d’Hamouro, sur la commune de Bandrélé. Ce sont ainsi 137 cases qui ont été détruites
Vendredi matin avait lieu l’audience en référé concernant l’arrêté du préfet de Mayotte, Thierry Suquet, portant évacuation et démolition des constructions bâties illicitement à Hamouro sur la commune de Bandrélé, dans le cadre de l’opération Wambushu. Pas moins de neuf requérants ont demandé la suspension de cet arrêté, la décision sera connue le 21 juillet prochain.
C’est le retour des sessions de cour d’assises cette semaine au tribunal judiciaire de Mamoudzou. Une affaire concernant des coupeurs de route qui avait été jugée en mars 2022 devant cette même cour est de nouveau examinée. Deux des accusés ayant fait appel de leur condamnation en contestant notamment leur culpabilité.
Le tribunal administratif de Mayotte a rejeté ce jour la requête concernant la suspension de l’arrêté préfectoral « portant évacuation et destruction des constructions bâties illicitement au lieu-dit Gnambotiti, commune de Bandrélé ».
Alors que les journées « île mort » ont permis aux maires de rappeler l’impérieuse nécessité de résorber l’habitat insalubre sur l’île, les arrêtés préfectoraux portant évacuation et destruction des constructions bâties illicitement font rarement l’économie de la case tribunal administratif. En atteste le référé suspension de ce mardi concernant le lieu-dit Gnambotiti sur la commune de Bandrélé.
Débarrasser l’îlot de Mtsamboro de ses immondices en incluant la population du Nord, tel est l’objectif de l’opération menée ce dimanche par le Conservatoire du Littoral. Au lendemain des décasages, le joyau du Nord fait peau neuve.
Tandis que cette semaine était perturbée par de nombreux faits de délinquance, la question de l’habitat insalubre est revenue sur le tapis. Et alors que la thématique semblait au point mort depuis la suspension de l’arrêté du dernier décasage par le tribunal administratif, le préfet de Mayotte assure que les opérations vont reprendre.
La préfecture a-t-elle voulu éviter une déconvenue en justice comme celle du 13 décembre dernier ? Ou en a-t-elle tiré les conséquences pour améliorer ses procédures et prendre le temps de blinder ses opérations "loi Elan" ? Sans doute un peu des deux. Toujours est-il qu'un arrêté de démolition d'un bidonville de Bandrélé a été abrogé en fin de semaine dernière, alors qu'une audience prévue mercredi risquait de voir ledit arrêté annulé.
Depuis un mois, des membres du Collectif bloquent l'accès à la Cimade. Ces manifestantes reprochent à l'association un recours formulé contre un décasage prévu à Combani. L'arrêté préfectoral a été invalidé par la justice le 13 décembre, et des militantes anti immigration avaient alors manifesté devant le tribunal administratif, avant de se rendre à la Cimade, où elles se relayent toujours pour interdire l'accès des bénévoles, salariés et bénéficiaires.
Le 23 décembre dernier, le tribunal administratif de Mayotte rendait sa décision quant à la requête de plusieurs associations visant à suspendre l’arrêté pris par le préfet Mayotte en octobre, au regard de l’opération de résorption de l’habitat insalubre de Combani-Mirereni. L’arrêté a ainsi été suspendu, et l’Etat condamné.
Un colloque sur l'habitat insalubre organisé au collège de Kwale s'est transformé en mise en garde de la justice à l'égard de l'Etat, le juge administratif évoquant notamment le "linge sale" de la préfecture qui promet d'être plus rigoureuse, tout en appelant à une réforme de la loi Elan qui lui permettrait de ne plus se heurter à la justice, qualifiée de "menace contentieuse" pour les décasages.
Une nouvelle phase de démolitions d'habitats insalubres à Koungou portera les destructions de "bangas" plus de 1500 depuis le début de l'année. Malgré les troubles occasionnés par plusieurs opérations similaires, le préfet maintient en faire "une priorité (...)afin de restaurer l’État de droit, et ramener la paix sociale".