Dans cette tribune, un de nos chroniqueurs et écrivain mahorais, grand connaisseur de l’historique sanitaire du territoire, met en perspective la colère de la population ayant conduit à une ampleur sans précédent des blocages de l’île au regard des gains à en attendre
A la suite de la levée effective des barrages routiers sur l’ensemble du territoire de l’île, la circulation alternée à Mamoudzou reprendra à compter du lundi 11 mars jusqu’au 7 juillet 2024.
La lutte contre l’habitat insalubre a repris de plus belle suite à la levée des barrages. Une opération de décasage massif, toujours dans le cadre de la loi Élan, s’est déroulée lundi matin dans le village d’Hamouro, sur la commune de Bandrélé. Ce sont ainsi 137 cases qui ont été détruites
C’est dans un contexte très tendu de décision préfectorale de rétablir la circulation dès les premiers barrages que sont tournées les images de containers poussés dans la mangrove par des engins de chantier. La levée des blocages permettant, ils seront enlevés dans la semaine, indique la DEAL
Malgré la colère encore présente de la base des Forces Vives, les barrages ont fini par se lever les uns après les autres, parfois grâce à l’intervention des maires des communes concernées. Ce mardi, la ministre déléguée aux Outre-mer avait rencontré les deux branches des Forces Vives : celle qui a appelé à lever les barrages et celle qui s’y refuse toujours.
La semaine dernière, dans un communiqué intersyndical, tous les responsables des organisations patronales avaient alerté l’opinion publique sur les ravages des barrages sur l’économie mahoraise. Charles-Henri Mandallaz, président de l’Union des Métiers et de l’Industrie Hôtelière, fait le point avec nous sur l’état de ce secteur et appelle encore une fois à lever tous les barrages.
Les Forces Vives « initiales », menées par Safina Soula, ont organisé une conférence de presse ce jeudi 22 février afin de réaffirmer la nécessité de lever les barrages pour pouvoir continuer les négociations avec le gouvernement. Les points de dissension avec le mouvement qui continue à paralyser l’île y ont été largement abordés.
L’édification de nombreux barrages sur les routes du territoire depuis maintenant de trop nombreuses semaines a plongé le 101e département français dans une crise sociale dont il sera difficile de se remettre. Tous les secteurs sont touchés et fonctionnent en mode dégradé quand ils ne sont pas paralysés. Aussi, certaines professions aux activités sensibles ont dû s’adapter à de telles conditions, à l’image des surveillants pénitentiaires.
Le salon international de l’Agriculture doit se tenir ce week-end à Paris dans un contexte où le monde agricole est en souffrance. Même s’il parait hasardeux de comparer l’agriculture mahoraise à celle de métropole, les éleveurs et les cultivateurs de l’île sont au bord de la rupture du fait des barrages routiers, car c’est toute une chaîne qui se trouve fragilisée et bientôt en péril si rien ne change.
La réunion du vendredi 16 février dernier à Tsararano avait abouti sur la décision de « laisser les barrages à côté », tournure confuse qui laissait néanmoins entrevoir un retour à une libre circulation. Or les barrages sont toujours bien en place pour la plupart et, suite à une scission au sein du mouvement, les imbroglios, manipulations et autres tentatives de récupération règnent désormais en maîtres.
Encore présent quelques jours sur le territoire, le préfet continue à échanger avec les leaders des Forces vives qui ont appelé à la levée des barrages. Tout mouvement dissident n'entre pas dans son champ d'action. Une partie de l'île reste cependant bloquée
Ce lundi 19 février, les organisations patronales de Mayotte ont appelé les salariés à reprendre le travail dans un communiqué adressé à la presse pour diffusion. Ne reconnaissant pas le mouvement dissident des Forces du Peuple qui continuent à maintenir certains barrages sur l’île, ils ne s’en remettent qu’à la décision officielle des Forces Vives de les lever.