Le CSA au devant des problématiques territoriales

Fraichement nommé, Anassi Daniel nous apporte l’état des lieux régional qui a motivé la réunion : « Un nombre significatif, plus d’une quarantaine, de radios qui n’émettent plus malgré des mises en demeure répétées. Et des manquements à certaines obligations comme la fourniture des échantillons de diffusion notamment pour les radios qui diffusent des programmes musicaux en continu, ce qui n’est pas tout à fait ce qui est prévu par leurs conventions ». A ce sujet, Nicolas Curien s’est entretenu avec les opérateurs.

Anassi Daniel en profite pour rappeler quelques règles, également applicables à Mayotte. « Le CSA n’est pas que le « gendarme de l’audiovisuel », il est aussi la maison des médias en ce sens où il les accompagne dans leurs projets de développement, veille à ce que la plateforme TNT se modernise sans cesse, se développe et permette une diversité d’opérateurs, publics ou privés, et des courants d’opinions, musicaux, etc. »

Les sanctions vont du pouvoir de mise en demeure des éditeurs et distributeurs, à la suspension de l’édition, de la diffusion ou de la distribution des services à la réduction de la durée de l’autorisation ou de la convention dans la limite d’une année, ou la sanction pécuniaire assortie d’une suspension, voire le retrait de l’autorisation d’émettre.

A La Réunion et à Mayotte, « nous avons actuellement dix opérateurs de télévision dont huit publiques et deux privées, Antenne Réunion qui a la plus forte audience, et Télé kréol, et puis bien sûr, il y a Réunion la 1ère et les chaînes du service public. Même chose à Mayotte avec deux télés privées ».

Se préparer à la RNT

Anassi Daniel évoque les évolutions en cours

Et nos télés ne se portent pas mal, merci ! « Mieux qu’en métropole parce que la concurrence sur le marché publicitaire est moins forte. Mais il ne faut pas non plus les déstabiliser sachant en plus que les téléspectateurs réunionnais et mahorais ont accès à certains programmes de TF1 et de M6 qui sont rediffusés par ces chaînes. »

Un nouveau déploiement de la TNT à La Réunion est annoncé à compter du mardi 25 septembre 2018 à 1h, qui va améliorer « la capacité spectrale des radios c’est-à-dire offrir des services de qualité et diversifiés ». En Outre-mer, seule La Réunion est concernée.

Les radios elles-aussi ont leur RNT, l’équivalent de la TNT des télés. Un domaine où la France a « au moins 15 ans de retard » souligne Anassi Daniel. Depuis décembre 2017 les choses s’accélèrent avec un plan de déploiement établi par le CSA de 2017 à 2023. « Pour les opérateurs réunionnais et mahorais, vaut mieux attendre le déploiement du réseau DAB+ au niveau de la France hexagonale avant de se lancer dans le réseau DAB+. »

Au regard de ce prévisionnel, il appelle les radios à « dépasser les querelles stériles entre elles », de renforcer les capacités de la Fédération des Radios Associatives de Mayotte (FRAM) naissante et de développer encore davantage le nombre et la capacité des régies publicitaires.

Fédérer les radios associatives

Une Fédération des Radios Associatives de Mayotte qu’Anassi Daniel trouve bien endormie. La FAR de La Réunion existe depuis le 10 février 1996, à la suite d’un mouvement de grève. « Ce sont des centaines d’émissions réalisées les unes chez les autres où les invités sont stupéfaits de l’impact et demandent à revenir. Ce sont aussi des dizaines d’évènements d’importance locale, régionale, mondiale, couverts à plusieurs radios. Enfin, c’est une mise en commun de matériels, de personnels, de relations et d’expériences sans quoi rien n’aurait pu se faire. »

A Mayotte, la FRAM existe sur les papiers depuis peu puisqu’elle a été créée officiellement le 2 mars 2017. Mais sans concrétisation, « elle n’arrive pas à fédérer. Est-ce un problème d’entente, de communication, de concurrence ou de méconnaissance de fonctionnement des radios, de leadership ? » Pourtant, le CTA Réunion-Mayotte s’était rendu à Mayotte en décembre 2017 accompagné des dirigeants de la FAR pour aider à accompagner la création de la FRAM dans le cadre d’une formation en direction des radios associatives mahoraises. « Il est temps de revoir le fonctionnement de cette fédération pour la pousser à avoir un comportement vertueux à l’avenir », conclut-il. (Lire Compte rendu réunion CTA-V1-2)