Thierry Galarme, ancien président du Medef

Comme nous l’écrivions le 25 avril dernier, le droit de la presse est extrêmement pointilleux, et faire condamner un journal n’est pas chose aisée.
Certes il existe des garde-fou, et les journalistes ne peuvent écrire tout et n’importe quoi. Ainsi, l’injure et la diffamation, ainsi que l’atteinte à la présomption d’innocence peuvent être poursuivis devant les tribunaux. Encore faut-il en apporter la preuve, et convaincre les juges.
Thierry Galarme poursuivait pour injure et diffamation Zaïdou Bamana comme rédacteur d’un article paru le 18 mai 2017 dans Flash Info, ainsi que la Somapresse et son directeur Laurent Canavate comme complices.
Dans le journal, l’auteur qualifiait M. Galarme de « mégalomane » et avançait en ces termes que « Thierry GALARME est sur la sellette, que son image est passablement contaminée par la rumeur et qu’il est l’auteur de malversations financières. » Il évoquait aussi un «système nébuleux avec des structures opaques parallèles ».
Le plaignant réclamait 10 000€ de dommages et intérêts.

Thierry Galarme

La défense faisait quant à elle valoir que le journal avait eu « pour but légitime d’informer les lecteurs sur ce qui se passe et qui se dit autour des entreprises dirigées par Monsieur Thierry GALARME qui est un personnage public sur le département de Mayotte. »
Après un mois de réflexion, la justice a donné droit à la défense. D’abord en rejetant l’injure sur la base du droit. « Au cas d’indivisibilité entre l’injure et la diffamation, seul ce dernier délit doit être retenu. »
Concernant la diffamation, les magistrats ont estimé que le rédacteur avait fait son travail de journaliste.
« Il apparaît que le journaliste, auteur de l’article incriminé, a manifestement poursuivi un but légitime en informant ses lecteurs de faits d’actualité qui reposent sur des éléments du débat public à la suite de publications d’un autre quotidien et d’une lettre ouverte, qu’il rappelle dans son article, en ces termes: « Les articles parus laissent présager une bombe. Le directeur des Nouvelles de Mayotte, Denis Hermann, a tiré le premier. Son papier du vendredi 5 mai 2017 a révélé le pot aux roses. Rien de très méchant, seulement des curiosités qui relèvent du secret de polichinelle. La mèche a ensuite été allumée par l’ancien président du Medef, Michel Taillefer. Dans une lettre ouverte publiée le 8 mai 2017 par Le Journal de Mayotte et Flash Infos, ce dernier étale le linge sale qui, d’ordinaire, se lave en famille dans le microcosme patronal. ». En faisant connaître aux lecteurs du quotidien ces éléments, le journaliste, ayant acquis la conviction de l’existence d’un doute quant à la gestion des différentes structures dirigées par M. Thierry GALARME, a tenu à apporter sa contribution à la compréhension du débat en cours sur ce sujet. Sa démarche doit donc être considérée comme légitime de la part d’une personne qui a vocation à éclairer l’opinion. »

Flash Info, quotidien de la Somapresse qui édite Mayotte Hebdo

Et d’appuyer sa décision :  « il faut relever que le journaliste a apporté à la rédaction de son article des éléments sérieux puisés tant dans les écrits précédents que dans des pièces comptables, dont il n’a pas à révéler la source, et a insisté sur ceux d’entre eux qui lui paraissaient de nature à susciter un doute sur la qualité de la gestion de la personne en cause ». Reconnaissant au journaliste « prudence » et « bonne foi », le tribunal a relaxé le journal de l’ensemble des poursuites.
La consignation versée par Thierry Galarme afin de mener à bien ces poursuites lui sera restituée.

Y.D.