L'entrée du port de Longoni toujours fermée ce lundi
Discussions dans une ambiance détendue entre Jacques-Martial Henry et Attoumani Mari
Discussions dans une ambiance détendue entre Jacques-Martial Henry et Attoumani Mari

Les salariés grévistes de Mayotte Channel Gateway (MCG) ont choisi la manière forte pour revendiquer l’application de la Convention collective nationale unifiée (CCNU). Le document qui devait l’entériner n’est pas fidèle aux engagements, selon eux.

Ils sont 38 à avoir signé le préavis de grève pour ce lundi. Sur combien de salariés ? Ils ne savent pas, la connaissance de l’effectif total de la société est d’ailleurs un de leur points de revendication. Jacques-Martial Henry ne sait pas non plus, « mon rôle se limite au poste de Chargé de mission chez MCG », explique-t-il au JDM, en s’asseyant aux côtés d’Attoumani Mari, Délégué CGT Ma chez MCG, « mon frère d’arme, on était à l’internat ensemble ! »

Pour son chargé de mission, « Ida Nel est de bonne foi, s’il y a un problème de rédaction du document, il faut le retravailler. Il aurait d’ailleurs fallu le rédiger ensemble à l’issue de la négociation. » Car en effet, jeudi soir, les deux parties s’étaient accordées sur l’essentiel des revendications. Les ex-agents de la CCI ayant été repris par MCG lors du transfert de la Délégation de Service Public en 2013, demandent l’application des mêmes avantages. Avantages signés à l’époque par Ida Nel elle-même, alors qu’elle présidait la Chambre.

Les engagements oraux non retranscrits

Attoumani Mari reprend les points non fidèles du compte-rendu
Attoumani Mari reprend les points non fidèles du compte-rendu

L’application de l’annexe 14 de la DSP demandée par les grévistes porte sur la revalorisation des primes, « non retranscrite dans le compte-rendu que nous a remis Ida Nel vendredi soir à 17h30 », l’application du supplément familial, « qui avait été oralement accordé pour mars avec rétroactivité, mais qui est noté pour mai », et les congés bonifiés.

Les salariés se disent ouverts à la négociation, mais semblent vouloir installer le mouvement dans la durée, « pas de problème si nous devons rester une semaine assis ici. Parce que nous voudrions aussi avoir des précisions sur la politique de management qui fait qu’un salarié récemment recruté touche 2.500 euros, c’est à dire beaucoup plus que nous pour la même fonction. »

Jacques-Martial Henry fait savoir qu’Ida Nel est reçue aujourd’hui par la délégation composée de deux anciens directeurs de ports nationaux, et de l’ancien président du tribunal administratif, pour préparer la réunion de conciliation qui se tiendra demain avec le conseil départemental, sur plusieurs points liés à la DSP : « La redevance, le règlement d’exploitation, les tarifs et le périmètre de la DSP. » On ne sait donc pas si une rencontre sera proposée par la direction.

Une voiture de gendarmes est postée prés des parkings, « nous ne faisons que renseigner sur la tendance du mouvement », glissent-ils.

Anne Perzo-Lafond
Le Journal de Mayotte