De nombreuses affaires d'aides aux immigrés arrivent au tribunal

Véhicules de la gendarmerie devant le tribunal de MamoudzouLe bureau du procureur apporte des éléments sur l’enquête ouverte suite aux violences qui ont secoué Petite Terre le week-end dernier.

Le dimanche 5 novembre 2017, quatre personnes étaient victimes d’une bande de mineurs sur Petite Terre à Dzaoudzi. Les faits commençaient vendredi soir, lorsqu’un mineur connu de la justice comme chef de bande à La Vigie était recherché par une bande rivale composée notamment d’anciens de la bande des « microbes » de petite terre.

Cette bande le trouvait et lui portait des coups sévères avec des pierres et des chaines de vélo. Un jeune tiers intervenait pour faire cesser les coups et était frappé lui aussi, mais il parvenait à prendre la fuite. Selon les premiers éléments de l’enquête, ce mineur mandatait ensuite sa propre bande pour lancer des représailles contre le chef concurrent, ce qui était fait samedi soir.

Enfin une contre-expédition punitive était lancée dimanche soir 5 novembre 2017. L’enquête permettait d’établir à ce stade qu’une vingtaine de jeunes, principalement des mineurs, recherchaient les acolytes du chef de la bande de La Vigie. Ils s’équipaient d’armes blanches et d’engins incendiaires et partaient à la recherche de victimes.

Quatre blessésGendarmes 2

Ils agressaient quatre personnes dont celle qui était intervenue pour faire cesser l’agression du vendredi soir.

La victime N°1 était frappée à coups de chaîne de vélo, marteau, couteau, et enfin atteinte par une bouteille en verre contenant un liquide inflammable et allumée. Elle était sévèrement brûlée et conduite à l’hôpital, puis admise au service de réanimation. Son pronostic vital n’est pas engagé.

La victime N°2 était frappée avec des bouteilles en verre remplies de sable, notamment sur le crane. Elle sera admise également en réanimation. Son pronostic vital n’est pas engagé.

La victime N° 3, qui avait interrompu l’agression du vendredi soir, était frappée avec un chombo à l’épaule, des coups de bâtons, de bouteille sur le crane, et une bouteille remplie de liquide inflammable était jetée sur elle. La bouteille se brisait mais l’engin n’avait pas été allumé. La victime parvenait à fuir.

La victime N°4 était frappée à coup de bâtons alors qu’elle se trouvait en compagnie de la victime N° 3.

L’enquête était depuis les faits suivie de près par le parquet et requérait de la discrétion pour procéder à certaines investigations. A ce stade, les éléments recueillis permettent d’identifier un certain nombre d’auteurs et notamment les meneurs. Deux d’entre eux ont été interpellés et déférés devant un juge d’instruction jeudi soir 9 novembre. Un débat devant le juge des libertés et de la détention s’ensuivra. Le parquet a requis la détention provisoire.

Le parquet a qualifié les faits de tentative d’assassinat pour les deux blessés graves, estimant que le niveau de préparation caractérise la préméditation. L’enquête se poursuit sous l’autorité du Procureur de la République concernant les faits du vendredi 3 novembre et du samedi 4 novembre. Le parquet souligne la qualité de l’enquête de la Brigade de gendarmerie de Pamandzi, au soutien de laquelle est venue la Section de Recherches (SR) de la gendarmerie.