Diorellia Issa et sa maman
Diorellia Issa et sa maman

Diorellia Issa est une jeune fille très douce, le sourire espiègle, elle serre ses cadeaux du vice-rectorat contre elle, le gros livre sur le patrimoine de Mayotte et un tee-shirt. Elle a une particularité, celle d’être la plus jeune bachelière de Mayotte. Âgée de 16 ans, elle a obtenu la mention TB avec 17,78 à son Bac S, à l’issue de son lycée suivi à Younoussa Bamana. « J’ai sauté deux classes, le CE2 et le CM1 au cours de ma scolarité entièrement mahoraise. Le bac, c’est pas simple, j’ai beaucoup travaillé, il faut être endurant ! » Sa matière préférée c’est la physique, et elle sait déjà ce qu’elle veut faire de sa vie. « Je suis inscrite en 1ère année de médecine à Rennes, et j’espère pouvoir me spécialiser ensuite en pédiatrie. »
Elle est la 7ème d’une fratrie de 8. Son papa est employé chez Jumbo, et sa maman, à côté d’elle pour l’événement, est famille d’accueil, « j’ai actuellement 4 enfants », nous glisse-t-elle.

Sa recette ? La maman, d’origine malgache, est persuadée que c’est son entêtement à vouloir parler français avec ses enfants, « pourtant, je le parle très mal, mais je me force pour eux. Et je leur ai toujours acheté des cahiers de la classe supérieure. » Il faut croire que ça marche puisque l’aînée est ingénieur qualité, la deuxième auxiliaire en pédiatrie, et la 3ème Cheffe de projet à Tsingoni. Une magnifique preuve de ce que permet la réussite éducative pour peu qu’elle soit accompagnée à la maison.

Jackpot pour Damien Bouvier, major de la promotion Baccalauréat 2017
Jackpot pour Damien Bouvier, major de la promotion Baccalauréat 2017

Encore plus fort, Damien Bouvier affiche les 19,47 qui lui ont permis de décrocher la mention TB d’un bac S. C’est le major de cette promotion du Bac 2017. « Je suis né à Mayotte où j’ai fait toute ma scolarité. Mes parents sont profs, au collège pour mon père, et au lycée pour ma mère. » Il est passionné de maths et s’est inscrit à l’Ecole d’ingénieur INSA de Lyon.

 

 

 

 

 

 

Inaya Ousseni : "Il faut savoir ce que l'on veut"
Inaya Ousseni : « Il faut savoir ce que l’on veut »

Inaya Ousseni a passé un bac ES, qu’elle a réussi avec 15,8 de moyenne, « malgré une épreuve de maths difficile ». Sa maman est secrétaire comptable, et son papa, policier municipal. C’est pas qu’elle adore étudier, non, « mais il faut savoir ce qu’on veut. Il vaut mieux prendre l’école du bon côté et avoir envie d’y aller, c’est plus pratique. Et c’est ça qui conditionne notre avenir. » Elle part en licence de Sciences Humaines à La Réunion, « j’avais pris la spécialité Sciences politique en terminale, j’aime étudier l’Homme. »

Saïfoudine Ahamadi, le futur Boutros Boutros-Ghali ?
Saïfoudine Ahamadi, le futur Boutros Boutros-Ghali ?

Nous tenons peut-être notre futur Boutros Boutros-Ghali. Détenteur d’une mention B pour son bac L à l’issue de son lycée à Chirongui, Saïfoudine Ahamadi, 18 ans, dont les parents ne travaillent pas, compte porter loin ses capacités : il est le premier Mahorais à intégrer Sciences Po Paris, après avoir passé les épreuves orales en préfecture de Mayotte. Et il ne doute de rien, puisqu’il veut simplement contribuer à pacifier la zone du Proche-Orient : « J’ai toujours eu envie de m’investir dans la diplomatie. Le campus de Menton sur lequel je vais, est spécialisé dans le Moyen-Orient et la Méditerranée. Je veux œuvrer pour la paix en étant persuadé que le Proche-Orient n’est pas condamné à la guerre. Il faut tenter de mettre en place une politique économique commune à la Palestine et à Israël, un peu selon la méthode Roosevelt. »

Ange-Dominique Rasabotsilahy partage sa joie avec son papa et sa sœur
Ange-Dominique Rasabotsilahy partage sa joie avec son papa et sa sœur

Ange-Dominique Rasabotsilahy, 18 ans, a obtenu une mention B à son Bac Technologie au LPO de Dembéni. « Pour moi, le plus dur a été ma spécialité ‘Economie, conception, architecture et environnement’ ». Il va suivre un DUT Génie Industriel et maintenance en Alsace. Lui aussi a suivi toute sa scolarité à Mayotte.

El-Assad Aboubacar ne s'orientera pas vers la politique comme son père avec qui il pose aux côtés de sa tante
El-Assad Aboubacar ne s’orientera pas vers la politique comme son père avec qui il pose aux côtés de sa tante

Surprise, nous tombons un peu plus loin sur notre ancien député Ibrahim Aboubacar, tout fier d’accompagner la réussite de son fils de 17 ans, El-Assad Aboubacar. A l’issue de son lycée suivi à Sada, il décroche un Bac S, mention TB noté 17,36 : « Le plus dur, ça a été la littérature », nous confie-t-il. Comme Diorellia Issa, il veut suivre des études de médecine, « je suis inscrit en 1ère année à Caen, en espérant finir anesthésiste ou radiologue. »

Une idée qu’il n’a pas eu au hasard, comme l’explique son paternel : « A 6 ans, il se blesse dans la cour de l’école et sera mal soigné au CHM. A La Réunion où il a été transféré, les médecins ont du lui recasser le bras… » Sa sœur aînée a elle aussi décroché une mention TB, « mais il va falloir s’accrocher, la métropole, c’est d’un autre niveau. Pour optimiser ses chances, il s’est inscrit en prépa ».

Le projet « Excellence Féminin » est aussi là pour encourager les filles, 22 qui ont la mention TB ont pu recevoir une tablette. Une opération accompagnée par la déléguée des droits de la femme.

Des jeunes pousses de réussite pour le territoire en espérant que, y compris le futur diplomate, ils viennent y exercer leurs talents dans quelques années.

Anne Perzo-Lafond
Le Journal de Mayotte