Restes récents d'une tortue braconnée

Un groupe de l’association des Naturalistes, en bivouac à Saziley le week-end dernier, a une nouvelle fois découvert une tortue braconnée. L’interdiction de leur consommation n’est plus respectée faute de gardes. Des plages qui ont pourtant besoin d’être sécurisées, autant pour les tortues marines, que pour les touristes qui les visitent.

Restes récents d'une tortue braconnée
Restes récents d’une tortue braconnée

C’est à moins de 100m de la maison des gardes que les restes ont été retrouvés. « La tortue avait été tuée et découpée depuis peu de temps puisque les restes de chair n’étaient pas encore décomposés », rapporte le petit groupe qui a fait la macabre découverte.

La plage de Saziley est un fleuron du patrimoine naturel de Mayotte en raison de la forte fréquentation des tortues. « Ce site d’un incontestable intérêt écologique et touristique va t-il se transformer en cimetière de tortues ? », interroge l’association les Naturalistes.

Elle avait dénoncé l’absence de surveillance, « plus aucun garde n’y travaille depuis maintenant deux ans » ainsi que la dégradation sur les quelques équipements pour l’accueil du public (farés, bancs, tables). La maison des gardes est même le plus souvent squattée. Le suivi nocturne des tortues n’est plus assuré sur ces plages de ponte très fréquentées, laissant le champ libre aux braconniers et chiens errants.

Où sont les gardes ?

Les Naturalistes continuent néanmoins à assurer une fréquentation régulière du site (plus de 500 personnes en randonnées et bivouacs en 2014). Mais l’association déplore que ce site, d’un incontestable intérêt écologique et touristique, soit laissé à l’abandon et livré à des pratiques illégales.

Campagne d'affichage
Campagne d’affichage

Des opérations de dissuasion ont été annoncées, conduites par le Parc naturel marin et le conseil départemental une semaine par mois, soit cinq nuits de présence dissuasive sur les plages de ponte, indiquaient, il y a quelques semaines, le Parc naturel marin, la Brigade nature, et le Réseau échouage de mammifères et de tortues marines (REMMAT), dans un communiqué conjoint. Ces derniers ont notamment financé une campagne d’affichage-choc en 4×3 sur l’ensemble de l’île.

Si les priorités du moment veulent qu’on se concentre sur les habitants et les agressions dont ils sont victimes, elles ne semblent pas incompatible avec l’affectation de quelques uns des 3.000 agents du conseil départemental à ces surveillances de plage de pontes. Surtout qu’en y adjoignant des forces de sécurité, ils permettraient de faire d’une pierre deux coups, et de veiller sur les touristes autant que sur les reptiles préhistoriques que sont les tortues.

Une question de volonté, mais avant tout de vision globale de l’avenir de l’île.

A.P-L.

Le Journal de Mayotte