Ramassage des déchets à Koungou

L’association des maires de Mayotte a reçu les présidents du SIEAM (syndicat des eaux et assainissement) et du SIDEVAM (déchets). Les communes s’engagent financièrement mais veulent des services efficaces… ce qui est loin d’être le cas pour les déchets.

Saïd Omar Oili, président de l'association des maires de Mayotte (AMM)
Saïd Omar Oili, président de l’association des maires de Mayotte (AMM)

Le naufrage du SMIAM aura au moins eu quelque chose de positif : il a ouvert les yeux des maires sur leur responsabilité dans les gestions des syndicats intercommunaux. Après l’évaporation des millions des constructions scolaires, pas question d’être négligeant avec les budgets de l’assainissement ou de la gestion des déchets. Il s’agit d’«une prise de conscience des élus qui prennent des initiatives salvatrices», indique Toillal Abdourraquib, le directeur de l’association des maires (AMM). Les maires sont bien décidés à devenir «des représentants exigeants et efficaces au sein des syndicats».

Il y a tout juste une semaine, l’AMM s’est donc réunie en séance extraordinaire, à l’invitation de Saïd Omar Oili, pour examiner la situation du SIEAM et du SIDEVAM, les deux syndicats intercommunaux en charge de l’eau et de l’assainissement, pour le premier, et de la gestion des déchets, pour le second. Pour les 15 maires présents ou représentés, il s’agissait, ni plus ni moins, d’auditionner les deux présidents sur leur action et l’état de leurs finances. L’idée était également de débattre de la façon dont les municipalités peuvent travailler avec eux.

Les syndicats s’organisent

Pour les maires, le premier constat est d’abord positif : «les deux syndicats, sous l’impulsion de leurs deux Présidents en poste depuis un an, sont effectivement en train de s’organiser pour se mettre pleinement au service des communes et de leurs habitants», note l’AMM.

Mouhamadi Moussa à la tête du SIEAM
Mouhamadi Moussa à la tête du SIEAM

Nos élus sont satisfaits de voir les syndicats vouloir s’affirmer «comme les véritables décideurs dans leur domaine respectif, pour le compte des communes, c’est-à-dire être les porteurs d’une véritable politique de développement de la gestion de l’eau, de l’assainissement et des déchets, sur le territoire de Mayotte».

D’un côté, le SIEAM et le SIDEVAM ont abordé leurs plans d’action en cours de finalisation pour l’année 2016, des documents qui devront être contractualisés avec les communes. De l’autre, les maires «reconnaissent la réalité des difficultés de ces deux syndicats, souvent héritées du passé, et s’engagent à apporter régulièrement leur contribution financière».

Le SIDEVAM sous surveillance particulière

Assani Saindou Bamcolo, président du SIDEVAM 976
Assani Saindou Bamcolo, président du SIDEVAM 976

Mais concernant le SIDEVAM, les maires sont allés au-delà. Car, d’évidence, la collecte des déchets ne fonctionne pas comme elle le devrait. Nous le constatons, chacun dans nos communes au quotidien, nos élus aussi. «Les maires attendent des progrès rapides et visibles du SIDEVAM dans ce domaine», affirme l’AMM. Il sera intéressant de voir quelle suite sera donnée à cette exigence de service.

Les maires reconnaissent qu’ils doivent enfin régler la question de la complémentarité de l’action entre les agents du SIDEVAM et de leurs agents communaux.

Des contrats aux communes

Le syndicat a proposé à chaque commune «un contrat de service sur mesure, pour tenir compte des attentes et des politiques spécifiques de chacune d’elles». Il est question de la sensibilisation des habitants, des choix de collecte (porte à porte ou regroupement, du niveau de participation communale au ramassage ou de mesures de coercitions et contraventions… Autant de contrats dont on espère que le SIDEVAM les élabore lui-même pour ne pas que l’argent public continue aveuglément à alimenter des cabinets conseils dont l’utilité n’est pas toujours démontrée.

Bref, la reprise en main politique est à l’ordre du jour. Les maires ont convenu de suivre régulièrement les progrès faits par les deux syndicats, «de façon à piloter leur action et à en rendre compte à leurs concitoyens».
RR
Le Journal de Mayotte