Un centre pénitentiaire qui s'est rempli très rapidement depuis son inauguration
"Bien sur que c'est vous" tonne Daniel Rodriguez, président du tribunal
« Bien sur que c’est vous » tonne Daniel Rodriguez, président du tribunal

Violent, voleur et, du haut de ses 20 ans, déjà habitué du tribunal. Un jeune homme condamné à six reprises pour des faits de vol et de violence, dont deux fois à six mois ferme, est arrivé menotté à la barre où il a tenté de convaincre que  » tout ça c’est du passé ».
Actuellement détenu pour des violences donc, il comparaissait pour un cambriolage commis à Bouéni le 20 mars 2017. Ce jour-là, il escalade un mur d’habitation et trouve un vélo dans une cour intérieure. Il s’en saisit et prend la fuite avec. Quelques jours plus tard, le vélo est revendu 50€ à Bandrélé à « un Anjouanais ».
« Ce n’est pas moi » commence par se défendre le prévenu, qui avait pourtant, devant les gendarmes, décrit précisément le vol qui lui est reproché. « Votre position devant le tribunal est incompréhensible, tonne le président Rodriguez. Bien sur que c’est vous, un voisin vous a vu. Un chauffeur de bus vous a vu. Un témoin vous a vu sur le vélo. Soyez sérieux ! »
« Je n’ai pas reconnu les faits devant les gendarmes, répète l’homme à la barre, surveillé de près par une escorte de gendarmes. Ils ont écrit ça comme ça ».

Retour à la case prison
Généralement, l’argument qui consiste à traiter les forces de l’ordre de menteurs passe mal devant un tribunal. Ça n’a pas manqué. Peu après, le mis en cause, interrogé par un assesseur sur ses condamnations en série explique : « j’étais mineur, j’ai mûri. Je suis fatigué d’être en prison ».

Le procureur Rieu n’a pas manqué l’occasion de rebondir sur la ligne de défense du prévenu. « Je pensais qu’il allait reconnaître ses erreurs, je suis déçu, commence le substitut. Il est connu dans le voisinage pour voler à Bouéni et revendre à Bandrélé, j’ai du mal à entendre que les éléments de son audition soient le fruit de l’imagination des gendarmes. La vérité, c’est qu’il réalise que la prison, c’est difficile, quoi qu’en disent certains, et il ne veut pas y rester. »
Constatant le lourd casier du détenu, le procureur requiert 6 mois ferme supplémentaires plus la révocation d’un sursis antérieur de 6 mois prononcé en septembre 2016. « Au moins pendant ce temps, les habitants de Bouéni n’auront pas à se plaindre du voleur connu ».

Décidément las de la prison, le prévenu a demandé à être placé plutôt sous bracelet électronique. Le tribunal a finalement tranché : 2 mois ferme supplémentaires à Majicavo.

Y.D.

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