Station d'épuration de Dembéni

AFD BPILe SIEAM et l’AFD ont conclu. Les discussions duraient depuis longtemps sur les modalités de financements du colossal chantier de l’assainissement à Mayotte. Elles ont débouché sur un accord. Car malgré les dizaines et dizaines de millions d’euros qu’il va falloir investir, impossible de reculer. Augmentation rapide la population, urbanisation galopante, enjeux environnementaux sur terre comme dans le lagon… le chantier doit être lancé sans plus attendre. D’autant que l’Europe veille.

Car si le traitement des eaux usées est une problématique essentielle de notre île, Mayotte, en devenant une Région Ultra-Périphérique (RUP) de l’Union Européenne en 2014, doit aussi travailler à rejoindre les standards d’assainissement acceptés par l’UE.

A la manœuvre, le SIEAM, le syndicat intercommunal d’eau et d’assainissement de Mayotte. Pour faire face, il a mis en place un programme de réhabilitation et de développement du système d’assainissement de l’île sur une période de 5 ans qui couvre la période 2015-2020. Ce Plan Pluriannuel d’Investissement (PPI) est estimé à 220M€ sur la période, restait donc à trouver ces sommes impressionnantes.

2,25 millions d’euros

L’organisme a déjà obtenu le soutien financier de l’ONEMA (Office National de l’Eau et des Milieux Aquatiques), du Ministère de l’Outre-Mer et à mobiliser des fonds européens via le FEDER. C’est désormais l’AFD qui se rajoute aux partenaires. L’Agence française de développement et le SIEAM ont signé le 10 juin dernier, deux conventions de financement pour «concrétiser cette volonté des deux acteurs».

L’AFD va donc apporter 2,25M€ aux investissements de l’année 2015 via un prêt bonifié par l’Etat.
L’AFD, qui est déjà un partenaire important du SIEAM, renforce donc sa position de financeur de l’institution.

Raccorder les habitations aux réseaux

Dans les différentes phases des travaux concernées par ces financements, on trouve par exemple le raccordement et la collecte des eaux usées de Petite-Terre, ou les travaux de transfert des eaux usées de Mamoudzou vers la station d’épuration de Baobab pour un coût total de 15 M€.

La station d'épuration de Tsararano. Les habitants du village ont deux ans pour se raccorder
La station d’épuration de Tsararano 

Car si depuis 20 ans, le SIEAM a mis en place un système de raccordement des habitations à un système d’évacuation des eaux usées connecté à des stations d’épuration, l’opération est loin d’être achevée. D’importants investissements sont encore nécessaires pour relier l’ensemble des habitations aux stations d’épuration existantes. Elles sont en effet parfois sous-utilisées ce qui entraine un rejet important des eaux usées dans la nature, avec des risques qui pourraient s’avérer importants, aussi bien sur notre santé que sur l’environnement.

La montagne à gravir

Connecter les habitations au réseau d’eaux usées, augmenter la capacité de traitement du réseaux des stations d’épuration, l’important plan de réhabilitation du système d’assainissement de l’île mené par le SIEAM avance, même s’il est évident que les délais des dérogations européennes accordées à Mayotte ne seront vraisemblablement pas tenus.

Car si le SIEAM travaille sur les eaux usées, il doit continuer à avancer sur le réseau d’eau potable. Il a également mis en place un réseau de bornes d’eau potable qui complète le raccordement direct des habitations, pour permettre à 96% de la population de bénéficier d’une eau de bonne qualité. Les chantiers de l’eau à Mayotte ressemblent encore à une montagne gigantesque qui reste à gravir.

RR
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