La mairie de Mamoudzou

Que de rififi autour de la mairie annexe de Kawéni ! Ce vaste marché public est à l’origine du procès de longue haleine qui se déroule ce mercredi au tribunal de Mamoudzou. Le maire Mohamed Majani y sera entendu en début d’après-midi après cinq autres prévenus, tous poursuivis pour délit de favoritisme. Il leur est reproché d’avoir accordé le marché de cette nouvelle antenne de la mairie à des entreprises sans respecter les règles en vigueur. Parmi les irrégularités présumées évoquées ce matin, une avance de 30% accordée à chacune de ces entreprises, là où la réglementation n’en accorde que 5%, mais aussi le non respect de certaines clauses, comme la nécessité d’inclure à chaque candidature un volet insertion professionnelle. Les charges ne concernent que des suspicions de délit de favoritisme, c’est à dire de non respect des règles liées aux marchés publics. Les suspicions de détournement de fonds un temps évoquées pendant l’enquête ont été abandonnées.
Les juges ont aussi tenté de comprendre comment, alors que la préfecture avait dès 2017 alerté sur des irrégularités, la municipalité a-t-elle pu continuer les travaux avec ces entreprises. Des déclarations de la matinée sont ressorties plusieurs lignes de défense. Certains rejettent la faute sur d’autres, leur supérieur, ou leurs subalternes. Alors qu’un des chefs était en vacances en juillet, d’autres expliquent avoir pris des initiatives sans en avoir les compétences. Au final, l’ultime autorité qui avait le pouvoir de tout arrêter avant que ces irrégularités ne deviennent un délit supposé, reste le maire Mohamed Majani, selon le président du tribunal Daniel Rodriguez.
L’édile sera auditionné en ce début d’après-midi, comme maire et comme représentant de la Ville, Mamoudzou étant poursuivie comme personne morale. Suivront les réquisitions du procureur et les plaidoiries de la défense. Le procès est prévu pour durer toute la journée.
Ce procès est le fruit d’une longue enquête menée par le parquet de Mamoudzou, au cours de laquelle a été menée une perquisition à la mairie en novembre 2017.

Y.D.