Barre tribunal Mamoudzou« J’ai beaucoup d’inquiétudes concernant sa personnalité, ce monsieur peut représenter un danger » exprime la procureure Guégan devant le personnage à la barre.
Un prévenu qui laisse perplexe par son attitude.
Le 6 octobre dernier, la gendarmerie intervient à Ouangani pour une rixe. Sur place, les militaires trouvent un jeune homme en train d’agresser une dame et les séparent. Mais, totalement ivre, l’individu se rebelle. « Les gendarmes se mettent à plusieurs pour le maîtriser » retrace le président Banizette ».
Pour justifier sa rébellion, le prévenu explique que les gendarmes « n’avaient pas de mandat, j’étais dans mon droit ».
« Cela n’existe que dans les films américains » lui rétorque le magistrat.
Toujours est-il que l’homme ne se laisse pas interpeller aisément. Il résiste. Alors qu’il a une main menottée, il se dégage et porte un coup de menotte à la tête d’un des gendarmes. Sa plaie au crâne lui vaut 10 jours d’ITT. Outre les coups, l’interpellé inonde les gendarmes d’insultes et de menaces.

« C’est normal d’insulter ainsi les gendarmes ? » lui demande la procureure. « Oui », répond simplement l’homme, toujours persuadé à la barre d’avoir agi dans son bon droit car les gendarmes n’étaient « pas gentils ».
« Vous pensiez vraiment qu’après avoir porté un coup de menotte, ils allaient être gentils ? » Pas de réponse.
Son attitude et sa résistance amènent les gendarmes à user de leur taser pour tenter de le maîtriser. A deux reprises d’abord. Puis de nouveau deux fois dans la voiture où il tente encore de frapper les gendarmes. « Résister à quatre coups de taser, c’est du jamais vu, c’est la première fois que je vois ça » souligne le président.
Décrit comme « violent » par sa mère, l’homme affirme aux gendarmes être « le fils de Bob Denard », suscitant des inquiétudes sur son état psychologique. « De l’humour » balaye-t-il à la barre, multipliant les gestes de boxeur ou se tenant la tête entre les mains, visiblement très agité.

« Même votre maman a peur de vous » tente de sensibiliser le président.

« Pour moi il n’y a aucun problème » lui répond le prévenu.

Pas de problème d’alcool non plus selon lui. Pourtant, convoqué libre quelques jours après son interpellation, il se rend fortement alcoolisé à la gendarmerie pour y signer sa déposition. A tel point que les gendarmes doivent le renvoyer chez lui et le reconvoquer.
Estimant la prison peu utile dans son cas, le tribunal a prononcé à son encontre une peine de deux ans de contrainte pénale, impliquant un suivi du service de probation et d’insertion, et des obligations de travail et de soin. En cas de manquement, ce sera un an à Majicavo.

Y.D.