VanilleLes gousses de vanille sont devenues un nouvel or noir. Avec un prix de vente 25 fois plus élevé qu’il y a 10 ans, malgré une qualité médiocre, les cours mondiaux atteignent des sommets inédits. Le kilo se négocie actuellement à 600 euros !

La situation est telle que même le Groupement des Exportateurs de vanille de Madagascar (GEVM) est contraint de reconnaître que le secteur de la vanille vit une «bulle spéculative dangereuse», selon les mots du rapport Cyclope, société d’études spécialisée dans l’analyse des marchés mondiaux des matières premières.

A Madagascar, on ne parle plus que de vanille, pour le meilleur et pour le pire. Outre les problèmes liés à la qualité, avec des récoltes trop précoces ne permettant le développement correct des arômes, c’est de sécurité dont il est question. Depuis les mois de mai et juin, les vols de vanille se multiplient sur la Grande Île et ils sont toujours plus violents, avec des coups, des lynchages et même des meurtres.
Les voleurs s’attaquent aux champs, obligeant les cultivateurs à dormir sur place pour tenter de protéger leur récolte, mais ils s’attaquent aussi aux stocks.

Trafics et cyclone

«Le Premier ministre Olivier Mahafaly, exaspéré sans doute devant cette insécurité grandissante dans la filière vanille, a dévoilé des noms de sociétés qui auraient acheté ces produits et qui donc d’après lui, encourageaint les vols de vanille sur pied», indique la presse malgache. Un ancien député a recensé 32 voleurs de vanille verte victimes de la justice populaire en six mois.

Les autorités commencent aussi, enfin, à évoquer les spéculations, avec en particulier le blanchiment d’argent des trafics de bois précieux malgaches. Mais cette année, la hausse serait aussi la conséquence du passage du cyclone Enawo en Mars 2017, qui a provoqué une baisse de 15% de la récolte.

VanilleFace à une telle situation, Le Figaro s’est rendu à Madagascar pour comprendre. Les journalistes y ont vu la richesse soudaine de producteurs qui savent pourtant la filière menacée, de bien des façons.

Le cacao en chute, la diversification vers la vanille

Les cours de la vanille attirent d’autant plus l’attention que l’état du secteur tranche avec celui des autres matières premières agricoles. Le cours mondial du cacao connaît par exemple une baisse de 30% depuis novembre dernier, du fait d’une surproduction en Côte d’Ivoire. Les industriels sont ravis mais pas les producteurs, en particulier à Madagascar d’où 7.000 tonnes sont exportées chaque année. En six mois, les petits planteurs malgaches ont vu leurs revenus divisés par deux, comme le raconte RFI.

Sur la Grande île, la 2e récolte annuelle de cacao a démarré, il y a quelques semaines et les exploitants agricoles envisagent de diversifier leurs cultures, au profit du café, du cajou ou… de la vanille.

Mais attention à la chute. A trop négliger les savoir-faire et entraînant une baisse de la qualité, les acheteurs pourraient se détourner massivement de la production de vanille malgache dans les années à venir.
De nouveaux pays s’apprêtent à faire leur entrée sur les marchés mondiaux. En Inde ou en Indonésie, où on a commencé à planter, de nouvelles productions pourraient concurrencer la vanille de Madagascar assez rapidement.
Le secteur de la vanille représente environ un tiers du PIB de Madagascar qui produit plus de 80% de la vanille dans le monde.

PM
www.lejournaldemayotte.com