CARNET DE JUSTICE DU JDM. C’est une femme jalouse qui a été condamnée hier mardi par le tribunal correctionnel de Mamoudzou, jalouse au point de vouloir faire flamber la boulangerie de son ancien compagnon.

Salle des assises Code pénalIls ont vécu ensemble pendant 5 ans et ont eu deux enfants. Mais monsieur, malgré l’amour qu’il porte à la mère de ses deux enfants, a commencé à aller voir ailleurs avant de refaire sa vie avec une autre femme.

Ce 3 octobre 2013, alors qu’ils sont déjà séparés, la dernière dispute va prendre un tour particulièrement violent. Elle le menace avec un morceau de bois, il tente de la contenir en l’agrippant au poignet. Il faudra l’intervention de voisins pour la maîtriser. «Dès qu’elle devient méchante, je ne peux pas l’arrêter», explique l’homme à la barre. «Une fois, elle m’a mis une bouteille dans la figure».

Les enfants, enjeux de la violence

Ce jour-là, rien ne l’arrête. Alors que l’homme part déposer plainte, la femme se rend dans la boulangerie dans laquelle son ancien compagnon travaille dès trois heures du matin. Elle est armée de galets. «J’ai tout cassé parce que je le déteste», reconnaît-elle à la barre. La vitrine avec les viennoiseries comme les frigos avec les boissons fraiches, elle saccage le commerce.
Et pour aller au bout de sa jalousie irraisonnée, elle asperge l’intérieur de la boulangerie de pétrole, bien décidée à y mettre le feu.

Salle TGI Code pénalA la barre, elle dit les choses simplement : «Je n’ai pas pu me contrôler. C’est par haine que j’ai fait ça. Je ne veux plus qu’il vienne me demander des papiers pour les enfants. S’il veut les enfants, qu’il les prenne. Mais alors, je ne veux plus de nouvelles de mes enfants. S’il veut les gamins, il faut qu’il soit le père et la mère.»

Joël Garrigue, le procureur de la République, explose de colère. «Personne ne vous a demandé de vivre ensemble. Personne ne vous a demandé de faire des enfants. Que vous le vouliez ou non, vous êtes leur mère et toute votre vie, vous aurez des obligations !»

Une femme inflexible

L’homme, ému par cette situation, fond en larmes. La femme reste inflexible : «Je ne veux pas que mes enfants aillent chez sa nouvelle femme.»

«Monsieur vous a peut-être pardonné, mais moi, au nom de la société, je ne pardonne pas», tranche le procureur. Il demande 4 mois de prison avec sursis, mais le juge SoubeyranPorte de la salle d'audience du TGI de Mamoudzou va aller au-delà.

La femme est condamnée à 8 mois de prison avec sursis et 800 euros d’amende. «Ce que vous avez fait est extrêmement grave», conclut le magistrat qui rappelle à la femme l’obligation de s’occuper de ses enfants.
La suite de l’histoire se jouera vraisemblablement devant le juge des affaires familiales.
RR
Le Journal de Mayotte

image_pdfFaites un PDF avec l'article

Comments are closed.