Le défilé traditionnel, dernière passage en tenue indienne ( crédit photo Robert Garbin)

Ce samedi 7 juillet 2018 c’était la fête des étudiants du CUFR. Comme chaque année depuis l’ouverture du CUFR la direction du centre universitaire, l’association des étudiants (AECUM) organisent une journée à la fin de l’année universitaire. Cette journée précise Saïd Mohammadi, porte-parole des étudiants, « est organisée pour les étudiants et par les étudiants ». Pour l’occasion un tournoi sportif est mis en place pendant la matinée. Il est suivi en début d’après-midi par la remise des prix des majors de promotion. Un moment de vive d’émotion où ceux qui se sont distingués de leurs camarades en obtenant la note la plus élevée de leur promotion témoignent du travail qu’ils ont réalisé afin d’encourager leurs camarades à faire de même. En présence du directeur de l’université Aurélien Siri, les étudiants étaient habillés d’une toge et d’une coiffe universitaire pour récupérer leur diplôme. Une tablette a été offerte par l’université, créant quelques envies dans le public.  « Et si je bossais en classe, je serais peut-être là moi aussi », pouvait-on entendre.

La remise du prix major de promotion (crédit photo Robert Garbin)

Le moment le plus attendu par tout le monde était sans doute celui du défilé traditionnel étudiant, habituellement organisé le 14 février de chaque année depuis trois ans. Pour cette troisième édition, en raison des mouvements sociaux, qui ont perturbé l’organisation, celle-ci a été reconduite à la place de l’élection de la Miss CUFR.

Le défilé traditionnel : « valoriser la femme mahoraise »

A Mayotte lorsque l’on parle de la tradition, on parle de femme. Et lorsque l’on additionne les deux, on évoque invariablement le salouva. Durant ce défilé, ce sont elles qui ont été mises à l’honneur. « On les aura vu trois fois comme si on ne les avait jamais croisés ; pourtant ce sont des filles qui sont dans notre promotion, on parle avec elles et on les connaît très bien. Aujourd’hui elles étaient méconnaissables tellement leur beauté était grandiose » indique Kassime Ahmada, tout ému.

3ème édition du défilé traditionnel (Robert Garbin)

Fatima étudiante en lettres, toujours timide, mais qui a défilé à ce jour confie au JDM ce qui lui a permis de vaincre son stress : « j’avais envie de montrer que la femme mahoraise n’est pas que « modernisée » ; elle est aussi belle lorsqu’elle garde sa tradition »

Dans cette troisième édition, il s’agissait aussi de montrer qu’à Mayotte, il y a différentes cultures. « Il n’y’a pas que les Mahorais qui habitent Mayotte. Ce défilé traditionnel est fait pour les femmes et aucune d’entre elles ne devait se sentir exclues. » La nouveauté de ce troisième défilé c’était de mettre en lumière ce mélange de cultures. Les filles défileront en salouva, mais aussi en sari (tenue indienne) et en tenue africaine ; précise Benoise Ben Athmane, présidente de l’AECUM

« L’enjeu du défilé traditionnel est de valoriser la femme mahoraise par ses habits » explique le porte-parole des étudiants ». Valoriser la femme mahoraise passe tout d’abord par la mise en évidence de sa beauté, mais aussi par sa place dans la société. « On a en plus voulu parler des couples, de l’infidélité, de la place de la femme dans le couple. C’est avec l’humour qu’on a pu parler des tabous sans choquer pour passer un message en appel aux dépistages », rappelle le porte-parole des étudiants.

L’universîliennes : les étudiants témoignent de leur expérience en Martinique

Le stand de l’exposition photos

Partis en Martinique pour première édition d’universîliennes entre le 2 et le 10 juin dernier, les six étudiants ambassadeurs du CUFR ont présenté une exposition photo accompagnée de textes qui rendent compte des atouts dont ils ont bénéficié pendant ce séjour. Salimina Abdou Lihaki, étudiant L2 de géographie évoque le choc culturel que le voyage a créé pour lui. « Le voyage en Martinique m’a enrichi au niveau culturel, car j’ai vu des similitudes entre Mayotte, la Martinique, la Guyane et la Gaudeloupe. Ça m’a aussi enrichi au niveau de la perception de l’autre. »

Moussa Attoumani.