Agriculture champComment passer d’une agriculture artisanale et vieillissante à une production professionnelle ? Tout passe par la formation, la motivation et l’aide aux jeunes. Mais ceux-ci peinent à s’installer si l’on en croit un rapport de la DAAF*, la direction de l’agriculture et des forets.

Il y a d’abord « un contexte qui ne facilite pas les vocations ». Le développement de l’agriculture à Mayotte est freiné selon ce rapport par plusieurs éléments. La faiblesse des surfaces cultivées (0.5 ha en moyenne),  le vieillissement de la population agricole (plus de 50 ans en moyenne pour ceux qui sont agriculteurs à titre principal),  une pluriactivité de plus en plus fréquente, doublée d’un recours à de la main d’œuvre informelle, qui n’incite pas à l’usage de techniques agricoles améliorées et une offre de services d’accompagnement technique, insuffisante pour assister les porteurs de projets.
« Par ailleurs, l’image du métier d’agriculteur dans les familles agricoles est mauvaise et les enfants sont prioritairement orientés vers d’autres filières ».
Pourtant des aides existent. D’abord, la DJA, dotation aux jeunes agriculteurs. En moyenne, l’aide pour chaque exploitation atteint 18 000€, mais les conditions sont strictes : avoir moins de 40 ans, être formé, disposer de 3 Ha de terrain. Entre 2006 et 2014, 32 jeunes en ont bénéficié. Mais la volonté semble s’effriter. En 2015, la Daaf n’a recensé que deux nouvelles installations, et il n’y en a plus eu depuis lors.  » La faible capacité à s’approprier les nouveaux dispositifs européens et le manque de prise en charge par les structures professionnelles du montage des PDE, depuis l’arrêt de cette activité par l’ASP (Agence de Services et Paiements) en 2015, expliquent en grande partie cette situation. »
D’autres aides existent également, comme  le PDPE (Plan de Développement des Petites Exploitations) qui permet d’octroyer jusqu’à 15 000€ d’aide. En outre, « Pour tous les porteurs agricoles, individuels ou en société (dont les « plus de 40 ans » ou les bénéficiaires de la DJA), le dispositif de « modernisation des exploitations » Service d’Information Statistique et Économique (SISE) de la DAAF 2 permet de se faire rembourser 90% (si DIA) ou 70% des investissements, allant de 1.000 à 600.000 €, sur justificatifs acquittés. « 

Le schéma fourni par la DAAF
Le schéma fourni par la DAAF

La Daaf précise en outre que l’accompagnement des jeunes installés a été renforcé en 2016 par le biais d’un « dispositif national appelé AITA (Aide à l’Installation et à la Transmission Agricole).  »
Une formation de 40 heures est liée à ces aides. Dispensée à Coconi, elle a déjà concerné 16 candidats.

En outre, plus de la moitié des jeunes installés font part de difficultés liées à l’apport personnel nécessaire au lancement de leur entreprise. « La difficulté d’apport personnel s’explique parce que c’est la règle d’un subventionnement sur factures acquittées qui s’applique. Plusieurs facilités sont toutefois désormais accessibles : la cession de créances aux fournisseurs (c’est le fournisseur qui sera directement payé par la DAAF) est maintenant autorisée pour les fonds européens – L’Etablissement Public Foncier et d’Aménagement (EPFAM) envisage d’accompagner le porteur de projet, en prenant directement à sa charge les coûts d’investissements moyennant des frais pour les conseils et en récupérant les aides correspondantes – Enfin, certaines banques commencent à mieux accepter des demandes de prêts par les agriculteurs. « 

Contact utile – Point Accueil Installation, basé à Coconi :

Ambre SHUNMAN-YIN Coordinatrice et animatrice –

06 39 63 33 39 –

pai.mayotte@outlook.fr