Tribunal grande instance panneauC’est le « pieds nickelés » de la journée selon le président Banizette du tribunal de Mamoudzou.
Ce mercredi, une affaire de violences dans un car scolaire était jugée. Les faits datent du 15 mai dernier. Des jeunes sont montés dans un car scolaire dans le but d’en découdre avec des élèves de Longoni. Il s’agissait selon les auditions de témoins d’une expédition punitive après un match de football entre Longoni et Kangani, qui avait fini par une bagarre quelques jours plus tôt. Un jeune lycéen a donc été pris à partie par les trois agresseurs dont l’un lui a porté deux coups à la tête avec une arme de plus en plus utilisée à Mayotte : son sac banane. Boucle en métal, rempli de cadenas, discret à porter, le même type d’arme avait été évoqué dans une autre affaire jugée juste avant.
La victime présentait un traumatisme crânien et deux plaies ouvertes au cuir chevelu. Lorsque les gendarmes ont pu l’auditionner, il a expliqué que le chauffeur du bus s’était enfui quand les jeunes agresseurs sont montés à bord. Il ne serait revenu qu’en voyant venir les ambulances. La victime, a confirmé cette déclaration à la barre en présence de sa maman qui, puisqu’il est encore mineur, le représente.

Un indice bien précis

Celle-ci n’a d’ailleurs pas souhaité se constituer partie civile. « Je veux juste que cette affaire se termine, et que mon fils puisse continuer ses études tranquillement. »
Le prévenu quant à lui, absent à la barre, avait reconnu les faits. Seul mis en cause, il a pu être identifié sans peine par les enquêteurs puisqu’il avait laissé tomber sa carte nationale d’identité dans le bus pendant les violences. Le lycéen frappé a pu l’identifier grâce à la photo figurant sur cette carte.
Le procureur a dénoncé la « laborieuse version du mis en cause qui a d’abord reconnu un coup, puis deux ». Rappelant qu’il encourrait 5 ans de prison pour ces faits, le ministère public a requis 6 mois avec sursis.

Y.D.