C’est la 1ère fois que Mayotte se trouve placée en état urgence. Ce qui valait bien une explication du préfet Seymour Morsy sur la manière dont il allait l’organiser. Il a confié aux médias ne pas être un «forcené de l’interdiction».

Seymour Morsy décline l'état d'urgence à Mayotte
Seymour Morsy décline l’état d’urgence à Mayotte

L’état d’urgence étendu à Mayotte et aux autres DOM, a pris effet cette nuit à 0h. Comme nous l’avions rapporté ce matin, il accorde des pouvoirs élargis au préfet et au ministre de l’Intérieur.

L’objectif est de garantir la sécurité publique. « Je peux être amené à interdire la circulation de telle ou telle personne en instaurant un couvre-feu par exemple », expliquait le préfet Seymour Morsy qui sortait d’un état major de sécurité avec le procureur, les forces de police, de gendarmerie, le DLEM, les Douanes et le renseignement.

Ce qui implique un impact direct pour le représentant de l’Etat : il ne peut quitter un territoire dont il doit assurer la sécurité. Pendant les trois mois de prolongation de l’état d’urgence ? « Difficile de le savoir, tout dépende des actions à Paris, si les filières sont démantelées ou pas », indique le préfet de Mayotte.

Aucun barrage toléré

Renforcement de la gendarmerie et présence de la légion à l'aéroport de Mayotte
Renforcement de la gendarmerie et présence de la légion à l’aéroport de Mayotte

Les forces militaires seront là pour garantir ce que Seymour Morsy avait déjà annoncé sur le plateau de Mayotte 1ère : « garantir la liberté de circulation, notamment entre Petite et Grande Terre où des patrouilles sont embarquées à bord des barges, ne tolérer aucun blocage de carrefour, aucun barrage. »

Il a également le pouvoir d’interdire toute manifestation… mais ne le fera pas. Sous conditions : « je ne suis pas un forcené de l’interdiction. Si les Mahorais veulent manifester pour leurs droits, ils le pourront, sous réserve que la libre circulation soit respectée. »

Son crédo, c’est de responsabiliser chacun des habitants, justement pour éviter que la sécurité soit menacée, « pour que les forces de police et l’armée soient déployées sur autre chose que la sécurité ». Un état d’urgence soft donc, avec des militaires dépployés essentiellement sur l’aéroport, « la vie doit continuer ».

Le préfet va rencontrer demain les différentes administrations sur l’organisation des services publiques, et les maires, enfin ce qui en reste, puisque 12 d’entre eux sont partis en métropole au Congrès des maires de France. « Je rencontrerai ensuite les représentants des cultes d’ici la fin de la semaine, que je tiens à féliciter pour la grande tenue de leur réaction depuis samedi », concluait le préfet.

Anne Perzo-Lafond
Le Journal de Mayotte