La vidéosurveillance de la BFC permet d'identifier un des agresseurs
La vidéosurveillance a permis d’identifier le fraudeur

Le président Bouvart de l’audience correctionnelle, revenait sur les faits. Lorsqu’au début de l’année, Electricité de Mayotte (EDM) reçoit un relevé de facturation correspondant à une carte Total d’un montant de 1.270 euros, ses services contestent : la carte est enregistrée comme désactivée chez eux.

Le pétrolier va alors s’adresser à la police pour qu’une enquête soit menée. Les bandes des caméras de la station de Dzoumogné sont visionnées. « On voit l’employé servir plusieurs clients, et, une fois qu’ils sont partis, sortir une carte et encaisser le paiement des transactions du jour, pour récupérer en espèces le montant correspondant. »

Lorsqu’il est interpellé, il commence par nier, puis il donne l’identité de celui qui lui a fourni la carte, un certain S.B. Vérifications faites, il s’avère que ce dernier travaille chez Total où il est employé monétique, qui gère les cartes carburant. Il doit notamment les désactiver lorsqu’elles présentent un dysfonctionnement. Ce qui est le cas de cette carte qui appartenait à EDM.

Aveux lors de la confrontation

La salle d'audience
La salle d’audience

A la barre, il nie en bloc, « il m’a accusé parce qu’il y a eu des licenciements qu’il m’impute étant donné que je suis délégué syndical. » Le président Bouvart s’étonne que l’employé de la station service connaisse le code secret. Et rappelle que lorsqu’ils ont été mis face à face, S.B. a avoué lui avoir remis la carte et le code. « La police m’a mis la pression. Et j’étais malade, je sortais de l’hôpital », se défend-il.

Le procureur Miansoni revient à la charge, « mais vous avez voulu rajouter lors de cette confrontation, qu’ayant loué une maison à la SIM, vous n’arriviez pas à vous en sortir, et que vous aviez 3.000 euros d’impayés ! » A 51 ans, il a été licencié de la société et a 7 enfants, dont 4 à charge.

L’avocate de Total reviendra sur la carte appartenant à EDM « qui avait dysfonctionné, et qu’il a réactivé. IL a même expliqué en garde à vue qu’ils se partageaient les gains. »

Mais aveux sur la selletteStation Total

Lors de son réquisitoire, le procureur s’étonne que cet homme aux cheveux blancs, qui incarne « un citoyen tranquille », ait « un rapport si compliqué avec la vérité. C’est votre conscience qui est en jeu. » Il explique avoir hésité entre le motif d’inculpation pour complicité, et celui de co-acteur, mais retiendra ce dernier, « il est à la manœuvre », et demande 4 mois de prison avec sursis.

Les aveux de son client lors de la confrontation laissent peu de marges de manœuvre à son avocat Nadjim Ahamada, mais il répond au procureur, « pour vous, l’aveu est la reine des preuves, même la Cour de Cassation dit le contraire. Il a toujours nié, et le jour où il change de version, on considère que c’est la bonne ! L’aveu n’est pas parole d’Evangile » Il plaide la relaxe, « il n’y a aucune preuve matérielle de sa culpabilité, il n’apparaît ni dans la vidéo ni ailleurs. »

Si le tribunal retient le motif de « co-action », il ne suit pas la peine demandée par le parquet : chacun des prévenus est condamné à payer 1.270 euros d’amende avec sursis. ET un euro de dommage et intérêt à la société Total qui le demandait.

A.P-L.
Le Journal de Mayotte