El Madjid Saindou travaille avec un groupe d'étudiants de Dembéni très motivé

Ils vont brûler les planches strasbourgeoises, comme le veut l’expression du métier : Samir Houmadi et Kamardine Djoumoi, issus de AriArt, vont se professionnaliser au TNS. Il faut encore boucler le financement de cette belle histoire.

Samir Houmadi à la Lumière
Samir Houmadi à la Lumière

Dans le cadre de son projet de formation des jeunes en Emploi aidés, la compagnie professionnelle Ariart a servi de couveuses à des troupes amateurs cette année. Certains se sont sentis pousser des ailes et voulaient aller plus loin.

C’est lors d’un échange avec des troupes venues de l’extérieur que cela s’est concrétisé : « nous invitons d’autres comédiens pour créer un réseau, et une des compagnies est allée frapper à plusieurs portes pour booster nos jeunes », explique El Madjid Saindou, à la tête de Ariart.

Et la bonne nouvelle vient de tomber : deux dossiers ont été retenus par le Théâtre national de Strasbourg, El Madjid Saindou n’en revient pas encore, « sur 150 candidats nationaux, 6 ont été retenus, dont Samir Houmadi et Kamardine Djoumoi. Ils ont choisi le Son et la Lumière comme spécialité. »

Le Théâtre national de Strasbourg, « prestigieux et sélectif », abrite aussi une Ecole supérieure d’arts dramatiques, « ils devront travailler notamment sur des créations. »

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Kamardine Djoumoi au Son
Kamardine Djoumoi au Son

 

Ces deux jeunes sans emploi vont donc s’envoler le 14 septembre pour Strasbourg, pour un an. Pour l’instant, El Madjid Saindou ne sait pas trop comment tout cela sera financé, « rien n’est encore fléché, mais une discussion est en cours avec le département dont c’est la compétence. »

Ce ne sont pas des « petits bleus » malgré tout. Samir Houmadi, d’Acoua, a déjà suivi une formation continue de technicien lumières au sein de Ariart dont il est responsable et gestionnaire du parc matériel, ce qui lui a permis d’assister plusieurs spectacles dont « Trumba la Antigoni », « Pirogue » de Jean-Yves Picq, ou « Yaacobi et Leidental » de la Cie L’Aurtiste de Strasbourg. Quant à Kamardine Djoumoi, de Bandrélé, il est lui aussi en charge du matériel de la compagnie, et en tant que technicien son a été assistant du régisseur général au théâtre des Bambous de l’île de La Réunion.

La compagnie elle, poursuit ses activités dont nous vous proposons le Programme Ariart 2015 qui débute dès le mois d’août : Spectacles et films de contes traditionnels mahorais, L’atelier Mourengué de la poésie, la pièce de Bernard-Marie Koltès « Dans la solitude des champs de coton » ou le Podium du Théâtre amateur le 17 octobre.

Anne Perzo-Lafond
Le Journal de Mayotte