La Poste logoEn sortant de la salle d’audience de la Chambre régionale d’appel, Y.S affiche son soulagement d’un sourire. Accusé d’avoir détourné 170.000 euros à La Poste de Chirongui alors qu’il en était le directeur, il avait été condamné à 6 mois de prison ferme, en 1ère et en 2ème instance. Un jugement d’emprisonnement qu’avait annulé la Cour de Cassation, tout en réaffirmant sa culpabilité. La Chambre régionale d’appel avait donc à se prononcer de nouveau.

L’affaire remonte à 2005, quand La Poste suspecte des détournements, et diligente une enquête interne. Au contrôleur de gestion venu l’auditer, le directeur ne donnera aucune réponse satisfaisante, « tout en avouant être à l’origine des détournements de fonds, qui ont débuté 5 ans auparavant », rapportait le juge.

170.000 euros évaporésBarre Chambre d'appel-tribunal de Police

Lors du jugement le 5 mai dernier, l’accusé, effondré en pleurs à la barre, confirmera dans un souffle qu’il a été révoqué en 2009. Et que ses vols auront eu de nombreuses conséquences, sur sa santé d’abord, « je dors avec un masque qui m’aide à respirer, je fais de l’hypertension, j’ai eu 3 opérations du cœur, je vis un enfer », et sur sa vie professionnelle, « je ne fais plus que des petits boulots au champ, pour 300 euros par mois, alors que j’ai 7 enfants à charge. » Dont deux nés après sa condamnation.

Il avait donc avoué n’avoir pas encore versé le moindre centime de remboursement auquel il avait été condamné, « je ne peux même pas payer une facture d’électricité ». On ne saura pas où est passé le matelas amassé, ou peut-être dépensé, au fil des mois de ces prélèvements-bonus.

Entre l’avocat général qui jugeait que Y.S. s’apitoyait sur un sort qu’il avait lui-même provoqué, et l’avocat de l’accusé, Mansour Kamardine, qui demandait à le juger avec humanité, les juges d’appel ont fait leur opinion : Y.S. n’ira pas en prison, mais devra se soumettre à des contrôles. La peine de 2 ans de prison, dont 18 mois avec sursis, a été commuée en l’assortissant intégralement de sursis, avec néanmoins une mise à l’épreuve de 2 ans, et « la réparation de tout ou partie des dommages », et non plus le remboursement intégral du préjudice.

Il lui est par contre interdit d’exercer toute fonction de service public.

A.P-L.
Le Journal de Mayotte