Le projet de laverie solidaire de Yes we Cannette

Le concours est presque fini pour les projets des Assises de l’Outre-mer. Mayotte est représentée dans 5 des 6 catégories et il est encore possible de voter pour chacun de ces projets mahorais.

  • Un des rares projets culturels présentés est d’ailleurs un projet mahorais. Porté par L’agence régionale du livre et de la lecture (ARLL) et l’association Milatsika, il vise à créer une « résidence écriture et musique ». « L’idée serait de faire venir un artiste, idéalement de l’Océan Indien, qui prendrait sous son aile un groupe de jeunes pour les accompagner dans l’écriture d’un texte, puis les aider à le mettre en musique » résume Lucie Bon de l’ARLL. « A terme, on aimerait en faire un lieu de création artistique et musicale, ce qui n’existe pas encore à Mayotte à ma connaissance. »Le projet vise à mettre en valeur la culture de Mayotte et son environnement régional en mobilisant des adolescents ou de jeunes adultes, lesquels seront amenés à se produire sur la scène du Milatsika Festival avec l’artiste qui les aura accompagnés.
Le projet de laverie solidaire de Yes we Cannette
  • Dans la catégorie environnement, on peut soutenir le projet de laverie solidaire porté par Yes We Can Nette. Le projet est présenté comme  » une laverie éco sociale à très bas coût afin d’inciter à ne plus polluer le lagon avec des détergents ».Laurent Beaumont, président de l’association vante une démarche de « développement durable pour tous, il s’agit de permettre aux personnes de faire leur lessive de manière digne et non polluante, avec des produits normés qui préservent le lagon. Le but est de protéger la ressource en eau, car quand elle arrive dans le lagon chargée de nitrates et de chlore, ça a des effets dévastateurs. Pas seulement pour les baigneurs mais aussi pour la pêche. » Le projet a aussi une portée sociale. Les laveries, deux autres sont prévues à court terme en plus des sites expérimentaux de Petite Terre et de Cavani, sont animées par des jeunes en service civique. « L’idée c’est d’en faire aussi des lieux de vie où on peut relayer par exemple des messages de santé publique, ou à portée environnementale » conclut Laurent Beaumont.
  • Les Micro crèches « Baby Boom » s’inscrivent dans la catégorie « lien social »
    « Les crèches Baby Boom sont des lieux d’accueil et de vie avec un vrai projet pédagogique pour les enfants âgés de 10 semaines à quatre ans ». Mirhane Abdallah, gérant de  Dagoni Services est le porteur de ce projet. Ce serait « une petite structure dédiée aux enfants de 2 mois et demi à trois ans et pouvant accueillir jusqu’à 10 enfants simultanément. L’objectif c’est d’en créer dans toutes les communes de l’île. Cela répond à un besoin vital compte tenu de la démographie à Mayotte. On avait réfléchi le projet avant les Assises avec mes associés, et quand on a vu le concours on s’est dit que c’était l’occasion. »
    Le projet vise un total de 30 crèches sur tout le territoire, soit au moins 60 emplois créés pour 300 enfants gardés en même temps. L’objectif désormais c’est de rassembler des aides pour réduire le coût aux familles « on ne veut pas créer une crèche pour les riches »
  • Emanciper Mayotte en accompagnant sa jeunesse, c’est ce que propose Tafara Houssaïni Assani dans son projet retenu. Partant du postulat qu’arrivés au baccalauréat, les futurs étudiants ne sont pas préparés à la vie en métropole, que ce soit la température, ou le prix des taxis, très largement supérieurs à ceux pratiqués ici. A terme, l’ambition est de réduire le taux d’échec dramatique (92%) des étudiants mahorais ayant « un projet de mobilité ».
  • Dans la famille production économique, il y a « Uzuri Wa Dzia », un projet de laiterie collective. « Regroupés autour d’un objectif commun, 7 éleveurs mahorais ont pour projet de mettre en place une laiterie collective sur leur île. » présente le site des Assises. Le président de la coopérative Abdillah Boinaidi a constaté que  » à Mayotte, en dehors du lait importé, il y a des producteurs qui ont des vaches laitières, mais leur lait ne se vend que pendant deux ou trois mois dans l’année pour répondre à la demande des manzaras (mariages). Pendant cette période, il n’y en a pas assez car la demande est très forte. Et le reste de l’année, on doit réfrigérer et vendre à perte tellement on en a. L’idée avec cette coopérative est de faire de la transformation par exemple en yaourt, tout en continuant à faire du lait caillé pour les mariages. A terme on vise le marché de la grande distribution mais on aimerait aussi faire de la vente directe. Il s’agit de valoriser notre travail pour pouvoir vivre de notre métier, mais aussi de créer de l’emploi puisque 6 embauches à temps plein sont prévues à l’horizon 2020, notamment des chauffeurs et des transformateurs. »
    Ce projet est le deuxième projet le plus soutenu sur le site avec plus de 600 voix, juste derrière celui de laverie solidaire (près de 700 voix).

Vous avez jusqu’au 14 à 1 heure du matin pour les soutenir, avec la possibilité de défendre les 5, mais avec un vote seulement par projet.

 Y.D.