Les 16 agents en formation les pieds dans le Majimbini
Anil Akbaraly et Issa Abdou
Anil Akbaraly et Issa Abdou

« Ce n’est pas encore le traitement, mais le diagnostic du médecin est un premier pas. » Anil Akbaraly, responsable environnement au Conseil Départemental, inaugurait ce jeudi le lancement de trois mois d’études le long des cours d’eau mahorais. Officiellement, ça s’appelle « schéma d’entretien de restauration des rivières à enjeux de Mayotte pour la période 2018-2022 ». Ce projet à 260 000€ financé par l’Agence française de la biodiversité et le Département vise à dresser une sorte de cartographie des cours d’eau de Mayotte, afin de mieux les connaître, pour mieux s’en occuper.
En tout, 17 rivières ont été sélectionnées suivant deux critères : leur répartition sur le territoire mahorais, et l’enjeu environnemental et pour la population.
« Le schéma est une base de travail pour, après, dégager les fonds nécessaires, résume le vice-président du CD Issa Issa Abdou. Quand une rivière sort de son lit, ce n’est pas sans conséquence sur l’environnement et sur les habitations. C’est un sujet d’actualité » poursuit-il, pointant l’importance de ces travaux.
Des travaux qui se déroulent en plusieurs temps. La première étape, c’est cette semaine. Les 16 agents du Département affectés à l’entretien des rivières, notamment au retrait des embâcles et des déchets qui les obstruent bénéficient de cinq jours de formation. « Cela fait des années qu’ils demandaient une formation, explique M. Akbaraly. La formation consiste à leur donner les bases de la protection des milieux aquatiques. Afin qu’ils soient plus que des manoeuvres et que quand on leur demande de retirer des embâcles, ils sachent pourquoi. Aucun d’entre eux n’a fait d’études dans le domaine de l’environnement donc on essaye de les faire monter en compétence » poursuit le responsable.

Trois mois d’étude au fil de l’eau
La deuxième étape, une fois la formation terminée, doit durer près de trois mois. Il s’agira de parcourir les dizaines de kilomètres de rivière qu’il a été décidé d’inclure dans ce programme afin d’en lister les principales caractéristiques. En somme, mieux connaître chaque cours d’eau pour le jour où il faudra intervenir. De sorte qu’il ne soit pas nécessaire le moment venu, de commander une expertise sur le terrain, occasionnant de désagréables délais.

Les 16 agents en formation les pieds dans le Majimbini
Les 16 agents en formation les pieds dans le Majimbini

Parmi les conséquences attendues de cet état des lieux, l’établissement d’une « déclaration d’intérêt général », qui donnera le droit au Département d’intervenir en cas de besoin sur une propriété privée, si le propriétaire n’a pas fait l’entretien de la rivière qui y passe.
En effet, l’entretien des rivières est une des spécificités de notre département. Partout ailleurs en Outre-Mer « c’est l’Etat qui est en charge des cours d’eau » précise le Monsieur Environnement du CD. Mais à Mayotte, c’est « le collectivité de Mayotte », donc aujourd’hui le Département, qui est propriétaire « des eaux ».
En revanche depuis le 1er janvier, les berges sont de la responsabilité des intercommunalités. Tout un casse-tête quand il s’agit de retirer les déchets qui peuvent obstruer une rivière.
Tout cela fera partie de la troisième étape qui consistera fin juin en un séminaire, ouvert au public, lors duquel les acteurs apporteront leurs « propositions d’orientations de gestion ». En somme, toutes les idées bonnes à prendre pour sensibiliser le public, adapter les règles d’entretien au besoin du territoire, éventuellement faire déplacer une lavandière etc. Enfin et surtout, ce schéma sera le cerveau commandant le nerf de la guerre . »Il servira à appuyer les dossiers auprès des élus » conclut Anil Akbaraly.

Y.D.