Ibrahim Aboubacar revient sur l'historique de l'intégration à Mayotte
Ne s'approvisionner qu'aux rampes
Approvisionnement aux rampes d’eau tous les jours pour une eau potable

Ibrahim Aboubacar a été sollicité par plusieurs associations, dont la Fédération Mahoraise des Associations environnementales (FMAE). Dans un courrier constructif, le député Mahorais exprime des doléances en direction du président du SIEAM (Syndicat des Eaux) et au préfet de Mayotte sur la gestion quotidienne de la crise de l’eau à Mayotte. Notamment sur les populations des zones touchées par les tours d’eau.

Solidaire du gouvernement, le député socialiste salue le « Plan eau », mais interroge sur la méthode employée pour informer la population touchée des tours d’eau. Même les réfractaires aux réseaux sociaux ont forcément perçu l’incompréhension de la population du Centre et Sud, rationnée en eau potable : face au taux de remplissage de leur retenue collinaire, prés de 80%, quand celle du nord, sans rationnement, ne l’est qu’à un peu plus de 30%.

Des taux de remplissage qui ne sont même plus indiqués dans les communiqués préfectoraux hebdomadaires du mercredi, à l’issue de la grand-messe de Comités de crise. Pour donner un début d’explication de cette île coupée en deux par le rationnement en eau, les médias doivent décupler les interlocuteurs et recouper les informations. La seule explication obtenue par le JDM est l’abondance des forages et captages en rivières au nord, inexistants au sud, en dehors de Dapani.

Un temps pour tout

Le siège de la SMAE
Le siège de la SMAE

Mais aucun communiqué officiel ne s’adresse à la population en ce sens, reproche Ibrahim Aboubacar : « Si chacun peut concevoir qu’en période pénurie, il y a nécessité de rationner l’eau, les critères doivent être transparents, clairs et équitables, pour être compris et acceptés par les personnes concernées. »

Le maintien des tours d’eau serait justifié par la difficulté qu’il y aurait de les stopper, pour les reprendre ensuite. Le parlementaire préfèrerait pour une meilleure compréhension par la population, un rationnement en temps de pénurie, et du répit en situation de pluies. En tout cas, son point de vue vaut débat, et explication ensuite à la population à même de comprendre des décisions pour peu qu’on lui explique. Ibrahim Aboubacar se propose d’ailleurs d’intégrer les Comités de suivi de la ressource en eau du mercredi.

Second point de son courrier, le règlement des factures d’eau non-potable : « Un service public de l’eau rendu un jour sur trois, ou un jour sur deux, dans des conditions de qualité que l’on sait, ne peut être facturé à -35% de son coût normal. Des efforts supplémentaires doivent être faits pour prendre en compte, justement, la souffrance de la population concernée. »

Ce matin, devant le siège de la SMAE-Vinci, à Kawéni, des tracts ont été distribués, lançant un « Appel à la dignité des assoiffés du sud », et interrogeant, « où est la République ? Où est l’égalité ? Où est la fraternité ? Après avoir assoiffé le sud, on vient leur assécher leur porte-monnaie ! », pour se conclure par un « karivenzé ! », c’est à dire, en paraphrasant le Mzé Bamana, « nous n’en voulons pas de leur facture à la c… », dixit Balahachi Ousseni qui menait le mouvement.

Les associations de consommateurs des plus gros syndicats, créées en 2011, ont du mal à porter une parole commune. La FMAE de son côté va rassembler ses adhérents ce samedi.

Anne Perzo-Lafond
Le Journal de Mayotte