L’absence de réaction des maires face au désastre de la gestion du syndicat en charge des constructions scolaires, avait incité la préfecture à en demander la dissolution. Mais elle tarde, et deux liquidateurs viennent d’être nommés.

Panneau SMIAMLes maires n’arrivant pas à s’entendre, l’Etat vient de trancher en nommant deux liquidateurs pour dissoudre correctement le SMIAM. Le Syndicat Mixte d’Investissement et d’Aménagement de Mayotte, ce bel outil chargé au départ de l’aménagement de Mayotte, a été dévoyé par des gestions suspectes  : avec les 10 millions d’euros alloués par l’Etat en 2013, une seule classe était construite, là où les besoins dépassent les 400 à Mayotte.

Car avec le temps, les services du syndicat ne devaient plus se concentrer que sur les constructions et aménagements scolaires du premier degré. Problème : outre l’insuffisance de constructions, les écoles n’ont jamais reçu la visite de la commission de sécurité, et n’ont donc pas pu, pour la plupart être rétrocédées aux communes.

Plutôt que de dénoncer les abus, et les maires n’ayant pas réagi sur ce sujet, la préfecture a préféré fermer la structure. Une dissolution qui implique un travail de partage, chaque commune voulant récupérer sa part de foncier et son potentiel de construction. Le conseil général par la voix de Daniel Zaïdani avait émis l’intention de récupérer le siège social, en face de la gendarmerie, en contrepartie de la prise en charge de l’ensemble du personnel du SMIAM. Mais il n’y a pas eu d’entente.

Un consensus sur l’actif et le passif

Ecole T9 à Mamoudzou
Ecole T9 à Mamoudzou

La préfecture s’est donc fendue d’un communiqué : « Le Syndicat Mixte d’Investissement pour l’Aménagement de Mayotte (SMIAM) avait 6 mois pour gérer sa dissolution. A l’issue de cette période, le préfet de Mayotte, a constaté que la liquidation du syndicat n’est pas achevée. »

Car du foncier doit également être partagé : environ 4.000 hectares, inégalement répartis sur le territoire, et sur lesquels il faut trouver un consensus. D’autre part, le SMIAM a souscrit un emprunt auprès de l’Agence française de développement dont il va falloir répartir les échéances.

Pour Ibrahim Boinahery, ex-président de l’association des maires, le partage est simple : « il suffit de tout basculer vers l’Etablissement public foncier que vient d’annoncer la ministre des Outre-mer », nous confiait-il.

Les deux liquidateurs, Daniel Reichter et Louis Rocchi, commencent leur mission « début mai », indique la préfecture. Pendant ce temps, un plan de construction de classes est en cours et devrait produire les premiers bâtiments au cours des mois de juillet et août.

Anne Perzo-Lafond
Le Journal de Mayotte

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