Le tribunal de Mamoudzou
Le tribunal de Mamoudzou

Très violemment tapés dessus même, puisque l’un va s’en tirer avec 28 jours d’Interruption Temporaire de Travail, ce qui, dans l’échelle de Richter des violences humaines, est assez conséquente.

Il faut dire que s’entendre dire à l’oreille que la personne qu’on a en face de soi a couché avec sa mère est fortement désagréable, surtout lorsqu’il s’agit d’un criminel. C’est ce qui a fait monter l’énervement de M.A. d’un cran, lui qui venait déjà de passer verbalement son état d’ébriété sur le compagnon habituel de sa maman.

Celle-ci ne parvient pas à le chasser, pourtant à coup de câble électrique, (sympathique famille), il pousse alors violemment ce 3ème homme venu s’interposer et se présenter comme l’amant occasionnel. Provoquant sa chute. Ce dernier n’est pas né de la dernière pluie, mais plutôt formaté par sa dernière condamnation à 15 ans de réclusion pour assassinat et tentative d’assassinat. Il se relève avec une barre de fer à la main. On comprend donc la peur de M.A., « il allait me tuer », mais pas jusqu’à excuser ses coups de chombo en réponse qui auraient pu être fatal à S.A.

« Combat de coqs ! »Barre réduc

Chombo contre niveau de maçon, les dégâts physiques sont inégaux. Si S.A., absent lors du jugement ce mercredi, subit 28 jours d’ITT avec fracture du poignet gauche, plaie frontale, et plaie à l’épaule gauche, M.A., n’en aura que 3, « vous auriez pu le tuer ! », lui assène le juge.

Il répète à plusieurs reprises ses regrets, et son comportement, « uniquement lié à l’alcool. Depuis ce jour, je n’ai rien bu », précise-t-il aux juges en collégialité. Il a deux enfants à charge, c’est à dire qu’il les élève seul. Et travaille en contrat aidé dans un service de technique de nettoyage.

M.A. tente de se dédouaner dans ses explications, mais les trois femmes présentes lors de la bagarre l’accablent. Le procureur Joël Garrigue ne fait pas de quartier, « c’est un combat de coqs entre deux hommes alcoolisés qui cherchent une bonne raison de s’affronter ! », s’exclamera-t-il au cours de son réquisitoire.

Bien qu’apparaissant comme le principal instigateur des violences, M.A. a un casier judiciaire vierge, ce qui lui vaudra une condamnation à 6 mois de prison avec sursis avec mise à l’épreuve, comme l’avait demandé le parquet, alors que pour S.A., ses peines antérieures vont peser lourd et le faire condamner à un an d’emprisonnement avec mandat d’arrêt, c’est à dire qu’il est recherché pour un retour à Majicavo.

Anne Perzo-Lafond
Le Journal de Mayotte

* Coupe-coupe