Les mashévés fabriqués par les enfants
Les mashévés fabriqués par les élèves

A peine avons nous mis un pied dans la salle, que les enfants se précipitent pour nous montrer leurs ngomas, des instruments de leur fabrication : une grosse boite de conserve de lait en poudre, recouvert d’un morceau de sac de ciment découpé, maintenu par une chambre à air, le tout porté par une cordelette. C’est Sarah qui revient pour le JDM sur les phases de la fabrication : « Ceux qui n’ont pas de batteries peuvent maintenant s’entrainer à la maison. C’est Yous, un musicien de Maalesh qui nous a aidés ! »

Avec ses petits copains de 6ème du collège de M’gombani, elle suit la résidence intégrée au programme de la Classe à Horaires Aménagés Musique (CHAM), enfin ce qui est pour l’instant une préfiguration, comme nous l’explique Cécile Bruckert : « Pour être une vraie classe CHAM selon les critères du vice-rectorat, nous devons être agréés, c’est en cours par le biais de la Direction des Affaires culturelles ». Nous reviendrons donc sur cette expérience bénéfique pour les scolaires.

Initiative musicale chez les jeunes

Percussions sur les ngomas fabriqués à partir de conserves
Percussions sur les ngomas fabriqués à partir de conserves

Ils sont maintenant tous assis en cercle aux côtés du chanteur pour entamer les premières paroles d’un texte de leur composition. On y parle de faire vivre les traditions pour une vie meilleure. Maalesh interrompt le chant, une petite voix s’élève, « ça serait pas mieux de commencer à chanter le refrain ‘Ensemble la vie est meilleure’, au moment où la chanteuse pose la dernière syllabe du couplet ? » Grande initiative du côté des jeunes, Maalesh obtempère, « on essaie ! »

Pendant ce temps, le rythme se cherche puis se trouve sur les ngomas. Entre deux répétitions, ils nous montrent leurs masheves : « Nous avons tissé des feuilles de coco et déposé des graines d’œil du diable à l’intérieur des petits réceptacles. C’est pour mettre autour de la cheville après ».

Enregistrement en studio

Une telle résidence en vacances scolaires, ils ne demandent pas mieux : « On s’embête à la maison sinon. » L’intérêt a été immédiat selon Maalesh* et Yous, unanimes.

Les gaboussis en ponçage
Les gaboussis en cours de ponçage

Pendant ce temps Jean Wellers, violoniste et bassiste, ponce les extrémités des manches de gaboussis que vient de lui apporter Del. Ces instruments mahorais à 4 cordes fabriqués par le foundi Colo Assane, sont retouchés pour en peaufiner le réglage. Les enfants vont aussi suivre la fabrication d’un dzendze.

Les enfants boucleront leur résidence par l’enregistrement des chansons en studio samedi prochain dans les locaux de Musique à Mayotte. Mais le jour J, celui du concert, c’est le 18 mars où il sera possible de découvrir leurs productions. En attendant de les retrouver au sein de leurs classes CHAM…

Anne Perzo-Lafond
Le Journal de Mayotte

* Maalesh est en concert ces vendredi et samedi soirs à 21h au Café Room à Combani