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	<title>Archives des oeilhistorien - Le Journal De Mayotte</title>
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		<title>Chronique d’un État défaillant</title>
		<link>https://lejournaldemayotte.yt/2025/06/11/chronique-dun-etat-defaillant/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[François Durpaire]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 11 Jun 2025 15:40:59 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[oeilhistorien]]></category>
		<category><![CDATA[Société]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Le cyclone Chido a surgi en décembre 2024. L’historien ne s’avance jamais dans l’urgence. Il observe, il attend, il laisse le bruit au journaliste. Ce qu’il peut dire, avec le recul que donnent les jours passés et les silences accumulés, c’est que rien n’a surpris, dans ce drame annoncé. Tout était là, en germe, visible, [&#8230;]</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p style="text-align: justify;">Le cyclone Chido a surgi en décembre 2024. L’historien ne s’avance jamais dans l’urgence. Il observe, il attend, il laisse le bruit au journaliste. Ce qu’il peut dire, avec le recul que donnent les jours passés et les silences accumulés, c’est que rien n’a surpris, dans ce drame annoncé. Tout était là, en germe, visible, su — sauf de ceux qui auraient dû savoir. Les météorologues l&rsquo;avaient annoncé. Les habitants le pressentaient. Mais l’État, lui, semblait déconnecté. Mayotte a reçu la tempête de face, sans alerte efficace, sans plan d’évacuation, sans abri réglementaire. Les toits se sont envolés, des écoles se sont effondrées, des familles se sont repliées sous des bâches, pendant que les forces de l’ordre ont organisé la sécurité plus que le soin. L&rsquo;État est intervenu, mais à rebours, comme un pompier qui arrive avec un uniforme trop neuf, une feuille de route inadaptée et des gestes appris dans un autre contexte.</p>
<p style="text-align: justify;"><strong>Katrina, 2005.</strong> On croyait que cela avait changé quelque chose. Mais ce fut la même histoire, transposée à la Nouvelle-Orléans. Digues rompues, FEMA dépassée, populations abandonnées sur les toits. Même incapacité à penser l’avant. Même obsession du contrôle post-catastrophe. Même étonnement tragique d’une puissance publique qui découvre, trop tard, les fragilités qu’elle a elle-même nourries. L’histoire bégaye, non par fatalité, mais par refus d’écoute.</p>
<h3 style="text-align: center;"><strong>Une histoire ancienne : les digues invisibles de l’oubli</strong></h3>
<p style="text-align: justify;">Les catastrophes ne sont pas seulement naturelles. Elles sont historiques. En 1864, en Angleterre, la rupture du barrage de Dale Dyke engloutit Sheffield. En 1889, à Johnstown, Pennsylvanie, une digue privée cède : 2200 morts. Les autorités n&rsquo;avaient ni contrôlé les infrastructures, ni prévu l&rsquo;éventualité. Là encore, les alertes avaient existé. Mais elles n’étaient pas venues des bons cercles. Et comme souvent, on les avait balayées.</p>
<p style="text-align: justify;">Après, on reconstruit. On légifère. On indemnise. Mais l’on oublie l’essentiel : la préparation des populations, la reconnaissance des inégalités territoriales. En 1927, la grande crue du Mississippi provoque l’exil de centaines de milliers d’Afro-Américains. L’État bâtit des digues, oui. Mais sur le dos de ceux qu’il déplace. L’histoire est toujours la même : le pouvoir construit pour se protéger, pas pour protéger. Il bâtit des murs techniques, mais pas de lien social.</p>
<h3 style="text-align: center;"><strong>Le climat comme juge du politique</strong></h3>
<p style="text-align: justify;">Aujourd’hui, le climat ne permet plus les rattrapages. L&rsquo;accélération des événements extrêmes transforme les fragilités en bombes à retardement. Mayotte subit à la fois la pauvreté, l&rsquo;insularité, la pression migratoire, la sécheresse et l’absence d’infrastructure résiliente. Et pourtant, l’État y déploie plus de forces de l’ordre que d’ingénieurs. Plus de contrôles que de concertations. Plus de présence sécuritaire que d’écoute concrète des besoins du terrain.</p>
<p style="text-align: justify;">Pourtant, ici comme ailleurs, il ne s’agit pas de protéger un territoire contre un ennemi, mais de l’armer face à l’avenir. Digues, alertes multilingues, plans d’évacuation, formation locale : voilà ce que la sécurité exige. Elle ne relève plus de la force mais de l&rsquo;intelligence anticipatrice. Elle suppose une autre posture : non celle du commandement, mais celle de la coopération.</p>
<p style="text-align: justify;">L’histoire fourmille de ces moments où l’État est arrivé trop tard. Trop loin. Trop équipé pour la guerre, mal armé pour la paix. Trop prêt à imposer l’ordre, pas assez à préparer la vie. Les archives sont pleines de rapports écrits après coup. Les promesses d’après-catastrophe sont devenues un genre en soi.</p>
<h3 style="text-align: center;"><strong>Mayotte est un miroir</strong></h3>
<p style="text-align: justify;">Mayotte reflète ce que notre modernité rejette : l’idée que l’avenir ne se gouverne pas sans lien, sans soin, sans réciprocité. L’État, s’il veut encore mériter le nom de république, devra réapprendre cela. Non plus panser les plaies après la tempête, mais penser l&rsquo;avant avec ceux qui la vivront. Ce n’est plus une option. C’est un devoir historique. Et ce devoir ne se décrète pas : il s&rsquo;incarne, dans les gestes quotidiens de présence, de préparation, de reconnaissance.</p>
<p style="text-align: justify;">La terre gronde, les vents se lèvent, les eaux montent. Ce sont les bulletins météo de demain, mais aussi les bulletins de vote. La politique climatique ne sera pas une affaire de sommets. Elle sera une affaire de villages, de quartiers, de ports, de petites écoles et de murs solides. Une affaire d’humanité à hauteur d’enfant, de toit, de sol.</p>
<p style="text-align: justify;">Dans ce nouveau monde, la vraie souveraineté ne sera pas dans la répression, mais dans la préparation. La vraie puissance ne sera plus dans la force, mais dans la confiance partagée avant la tempête. Il est temps de déclarer la paix à la nature. Et la solidarité comme seule politique d’avenir. Une solidarité active, enracinée, pragmatique. Une solidarité qui ne viendra plus après la catastrophe, mais avant elle, comme un engagement d’égalité face au risque, et de dignité partagée.</p>
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		<title>Politique internationale : Que faire face à Trump ?</title>
		<link>https://lejournaldemayotte.yt/2025/03/17/que-faire-face-a-trump/</link>
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		<dc:creator><![CDATA[François Durpaire]]></dc:creator>
		<pubDate>Mon, 17 Mar 2025 06:38:14 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Economie]]></category>
		<category><![CDATA[International]]></category>
		<category><![CDATA[Magazine]]></category>
		<category><![CDATA[oeilhistorien]]></category>
		<category><![CDATA[Politique]]></category>
		<category><![CDATA[Portrait]]></category>
		<category><![CDATA[Une]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Des images récentes, diffusées dans le monde entier, ont semblé rompre avec la tradition des relations entre chefs d’État. On pense à la manière rugueuse et désinvolte avec laquelle le Président américain a traité le président ukrainien, au sein du bureau-ovale, se moquant de sa tenue ou le tançant ouvertement.</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p style="text-align: justify;">Une interprétation un peu rapide aurait tendance à psychologiser l’évènement – on fait référence à la personnalité anormale de Donald Trump – ou à l’exceptionnaliser – une telle attitude relèverait du « jamais vu ». Pourtant, l’historien doit rappeler que le président américain ne fait qu’activer des traditions enracinées dans l’histoire de son pays. Et tout d’abord, la tradition réaliste en matière de politique internationale. Le président Theodore Roosevelt en était le meilleur représentant.   Assumant le rôle de gendarme du continent américain, il définit la politique du « big stick » (le gros bâton), fondée sur l’intérêt national de son pays. Reinhold Niebuhr, déplorant l’idéalisme et le pacifisme de ses concitoyens, a conceptualisé cette doctrine réaliste. Dans <em>Moral Man and Immoral Society</em> (1932), il estime que la notion de morale s’applique à la sphère individuelle, et non à la sphère publique, qui est le lieu des rapports de force. Henri Kissinger comme conseiller à la sécurité nationale, puis secrétaire d’État de Nixon, de 1973 à 1977, est l’illustration de ce courant de pensée pour qui l’objectif de la politique internationale est de préserver les intérêts de son pays.</p>
<h2 style="text-align: center;"><strong>Une interprétation souverainiste</strong></h2>
<figure id="attachment_60565" aria-describedby="caption-attachment-60565" style="width: 188px" class="wp-caption alignleft"><img fetchpriority="high" decoding="async" class="wp-image-60565" src="https://lejournaldemayotte.yt/wp-content/uploads/2025/03/musk.jpg" alt="" width="188" height="274" /><figcaption id="caption-attachment-60565" class="wp-caption-text">Depuis l&rsquo;élection de Donald Trump, le milliardaire Elon Musk est en charge du Département de l&rsquo;Efficacité gouvernementale</figcaption></figure>
<p style="text-align: justify;">Le deuxième courant auquel se réfère Donald Trump est le courant souverainiste, qui veut protéger la souveraineté des Etats-Unis de toute forme de supranationalité. Il place la constitution américaine au-dessus de toute convention internationale. La phrase récente de Donald Trump sur le fait que l’union européenne aurait été conçue pour « emmerder les Etats-Unis » est à comprendre dans cette perspective. Le troisième courant est l’isolationnisme. L’historien n’oubliera pas de rappeler que c’est ce courant qui dominait la politique étrangère américaine jusqu’à l’attaque de Pearl Harbor, le 7 décembre 1941. C’est peut-être un quatrième ingrédient qui fait de la doctrine Trump une une synthèse inédite : l’affirmation du primat de l’économie sur la politique. La défense du marché américain et des intérêts capitalistes de Etats-Unis est l’enjeu majeur de toutes les négociations entreprises par le président. « Mon style de négociation est très simple et direct. Je vise très haut puis je pousse, pousse, pousse jusqu&rsquo;à obtenir satisfaction ». Trump négocie nonpas en diplomate mais en homme d’affaires. Sa proximité personnelle avec Elon Musk est un signe fort de cette orientation.</p>
<p style="text-align: justify;">Dire que cette géopolitique n’est pas inconnue de l’historien, ce n’est pas sous-estimer qu’elle constitue une rupture par rapport à la période contemporaine. Ce n’est pas non plus occulter qu’elle peut avoir de fortes conséquences sur le fonctionnement des relations entre les nations.</p>
<h2 style="text-align: center;"><strong>Conséquences et perspectives</strong></h2>
<p style="text-align: justify;">La première conséquence est l’effet « <em>copycat </em>» qui peut amener tous les chefs d’État a d’adopter la même stratégie que Donald Trump. Il en résulterait un accroissement des égoïsmes nationaux. Comme chef d’État, seul m’intéresse le sort de ma nation. Toutes les institutions supranationales sont à voir, non pas comme une émanation des tentatives d’entente commune, mais comme un obstacle aux intérêts de ma nation.</p>
<p style="text-align: justify;">La deuxième conséquence est le primat de la force sur le droit international. Les petites nations ne comptent plus dans ce contexte. Donald Trump qualifiait récemment le Lesotho de « pays dont personne n’avait jamais entendu parler ». Le droit des individus pèse encore moins. Actuellement, les citoyens nés en Martinique (donc français) ne peuvent obtenir leur visa américain, au prétexte du mouvement contre la « vie chère ». Que ce soit arbitraire ou contraire au plus élémentaire des droits humains ne compte pas. Est juste ce que Trump définit comme juste. Et n’est vrai que ce qu’il considère comme étant vrai. Ce dernier point s’enracine  dans une autre tradition américaine, celle de l’anti-intellectualisme. Richard Hofstadter, dans son essai <em>Anti-Intellectualism in American Life</em> (1963) évoquait ce « ressentiment et (cette) méfiance envers les choses de l’esprit et ceux qui la représentent », que Trump réactive.  La conséquence globale de ces évolutions est une menace sur la paix globale, équilibre toujours fragile né de la volonté de ne jamais marginaliser le droit, la raison et l’intérêt collectif.</p>
<p style="text-align: justify;">La question que nous devons poser collectivement est : « que faire dans ce contexte ? ». Sommes-nous condamnés à agir par mimétisme ? Il y a néanmoins une autre voie possible, celle du renforcement de nos coopérations, celles précisément contre lesquelles Trump se constitue. La question sera rapidement et directement posée à l’Europe par le président ukrainien, qui n’a désormais plus d’autre choix. À la différence des Etats-Unis, qui peuvent abandonner l’Ukraine sans craindre pour sa sécurité, l’Europe ne peut pas abandonner ce pays sans craindre pour sa propre sécurité. Les solutions à imaginer seront nécessairement le résultat de discussions, de compromis, d’échanges fondées sur d’autres considérations que la seule loi du plus fort.</p>
<p style="text-align: justify;">François Durpaire</p>
<p style="text-align: justify;">
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