Des images de braconnages à Mayotte prises le 24 juin, diffusées par l'ONG Sea Shepherd
Sea Shepherd: "Nuit sanglante à Mayotte", publié sur le site de l'ONG
Sea Shepherd: « Nuit sanglante à Mayotte », publié sur le site de l’ONG

Des braconniers surpris en pleine action, des tortues massacrées, d’autres qui agonisent… Des volontaires de l’ONG de protection ont ramené des témoignages et des photos chocs de leur patrouille de surveillance de samedi. Et à nouveau, le manque de moyens de protection réelle pour ces espèces protégées apparaît au grand jour.

L’ONG publie un article qui relate le carnage. Ce samedi, ce sont donc plusieurs tortues qui ont été tuées au chombo alors qu’elles venaient pondre sur une plage. «Les volontaires en patrouille ayant interrompu les braconniers, ceux-ci ont pris la fuite en laissant sur place machette, couteaux et une tortue égorgée agonisante qui a connu une mort lente et douloureuse», relate l’ONG.

Sur place, «quatre autres têtes ont été retrouvées la nuit suivante, sur la même plage, deux appartenaient à des tortues décapitées dans les 24 heures précédentes, les deux autres ont été tuées dans la semaine. Les têtes avaient été enterrées dans le sable et recouvertes de pierres mais elles ont été mises à nu par la marée».

Opération Tortues

Pas question de laisser passer et de considérer que les mentalités vont changer avec le temps. Sea Shepherd explique qu’avec l’appui de volontaires, elle lance dans quelques jours l’«Opération Nyamba». L’objectif est de patrouiller activement sur des plages à risque pour dissuader le braconnage en assurant une présence.

Des images de braconnages à Mayotte prises le weekend dernier, diffusées par l'ONG Sea Shepherd
Des images de braconnages à Mayotte prises le weekend dernier, diffusées par l’ONG Sea Shepherd

«Cette mission est une première à Mayotte mais sans doute pas la dernière. Elle répond au cri d’alarme que nous ont envoyé des Mahorais, soucieux de voir leur île dépérir loin des préoccupations de la métropole. Nous souhaitons travailler en collaboration avec tous ceux qui à Mayotte veulent œuvrer à la préservation de ce qui subsiste encore d’un héritage naturel inestimable que nous nous devons de préserver pour sa valeur intrinsèque et pour les générations futures», explique Lamya Essemlali, la présidente de Sea Shepherd France sur le site de l’ONG.

Des sites sans surveillance

Selon les données publiées par le REMMAT (Réseau d’Echouage Mahorais de Mammifères marins et de Tortues marines), plus de 230 tortues marines ont été braconnées à Mayotte en 2016 et près de 300 en 2015. Mais nous savons bien que ce recensement est loin de refléter l’ampleur du phénomène.

Sea Shepherd relève également que, rien que sur le site protégé de Saziley, connu pour ses pontes de tortues marines et enjeu écologique et touristique essentiel, la surveillance est quasiment inexistante permettant au braconnage de mettre en péril la survie de tortues dont certaines comme la tortue imbriquée est en danger critique d’extinction.

RR
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