Des enseignants parfois amusés, parfois médusés, par les explications données.
Petit topo sur les demandes de bourse
Petit topo sur les demandes de bourses

L’heure est aux vœux pour les élèves de terminale. Les vœux pour l’année prochaine, après le bac. Chaque étudiant doit, sur la plate-forme parcours-sup, qui remplace Admission post-bac, remplir jusqu’à 10 demandes. Mais pour les étudiants mahorais, le parcours sup s’annonce déjà un parcours du combattant.
Concernant le dossier social étudiant, prérequis à toute demande de bourse sur critère sociaux, « tous les élèves y ont droit » affirmait ce lundi au lycée Bamana le responsable des bourses au Vice-Rectorat Abdou Ousseni Saïdy. « Vous dîtes que tous ont droit à la bourse, mais il faut deux ans de titre de séjour, ce qui n’est pas le cas de tous, rétorque un enseignant. « C’est un droit, pas une obligation, toute aide a ses critères, il faut remplir les conditions », tempère le responsable.
A sa suite, devant le même parterre de délégués de classe et de professeurs principaux, un responsable de LADOM, l’agende d’aide à la mobilité, expliquait le Passeport Mobilité Etudes (PME) qui permet à tout étudiant éligible à la bourse sur critères sociaux de voir son billet pris en charge pour aller étudier. Un billet valide vers la France métropolitaine ou les DOM, mais pas l’étranger.
Pour bien comprendre, il faut donc dès à présent :
1 : s’inscrire sur www.parcoursup.fr
2 : faire sa demande de bourse sur  www.etudiant.gouv.fr
3 : remplir son dossier sur mobilité.ladom.fr
Par contre pour le troisième point, il est impératif d’avoir une carte bleue. « et pas n’importe laquelle, il faut une Mastercard » précise l’agence. Brouhaha dans l’assistance. « Et si on n’a pas de CB » demande un enseignant ? « Alors c’est très compliqué. Il y a un plan B mais on ne l’active pas tous les jours » lui répond-on.
Une contrainte que rencontre tout étudiant demandeur d’une bourse : il faut un compte en banque et un RIB. Compliqué vu le taux de bancarisation du plus jeune département français. En outre le site de LADOM nous apprend que « les données saisies entre le jeudi 9 novembre midi et le vendredi 10 novembre soir (heures de Paris) ont été perdues ». Ceux qui avaient donc anticipé leur inscription à ces dates devront recommencer.

Des enseignants parfois amusés, parfois médusés, par les explications données.
Des enseignants parfois amusés, parfois médusés, par les explications données.

Aide sur critère social, et aide sur critère politique
Enfin, Saïd Rachid, responsable administratif de la DPSU, la Direction des politiques scolaires et universitaires du Conseil Départemental, apporte une bonne nouvelle. Les bourses du département, complémentaires à la bourse sur critères sociaux, augmente. En première année, elle sera de 161€ par mois, voire 278€/mois pour les étudiants qui auront choisi une filière « prioritaire ». Comprenez une filière dont les débouchés correspondent à des besoins forts à Mayotte. Santé, ingénieurs, BTS (sauf cinq qu’on peut faire à Mayotte) ou grandes écoles. C’est ce que la Département appelle le « critère d’excellence ». Elle n’est en revanche plus conditionnée à la bourse sur critères sociaux.
En revanche, là où il fallait justifier depuis 1993 de 25 ans de résidence sur le territoire pour en bénéficier, la règle change. Pour la prochaine rentrée scolaire, ce sera 15 ans.
Mais une autre contrainte de taille a été votée par les élus départementaux. Il faut pour être éligible à cette aide être français, et avoir un « codemandeur », c’est à dire un parent ou un responsable légal, qui soit lui aussi de nationalité française. Tout étudiant né en France de parents étrangers, même en situation régulière, est donc de facto exclu du dispositif. « C’est une décision politique qui a été votée, on applique » explique en substance le responsable qui ajoute qu’il y a « très peu de cas » correspondant à ce cas de figure. Sur 2000 demandes chaque année, environ 1300 sont acceptées. Une aide extrêmement ciblée donc, qui pèse 15 millions d’euros dans le budget du Conseil Départemental. A savoir que les filières universitaires menant par exemple à l’enseignement, ne sont pas « prioritaires », et sont donc éligibles à l’aide la plus faible.

Nathalie Costantini vante une plate-forme qui vise le long-terme
Nathalie Costantini vante une plate-forme qui vise le long-terme

Enfin, la plate-forme censée simplifier les démarches et remplacer Admission Post Bac. Le fameux APB tant décrié. Voilà donc Parcoursup. Un dispositif « qui s’inscrit dans la durée, vante la patronne du Vice-Rectorat Nathalie Costantini, contrairement à APB. Il n’y a plus de hiérarchisation des vœux, mais une réflexion qui dure le plus longtemps possible. »
La grande nouveauté, c’est que pour chaque demande d’inscription dans le supérieur, les professeurs principaux doivent désormais donner une appréciation. Laquelle servira à l’établissement supérieur à choisir les étudiants à admettre, ou non. Une responsabilité et une charge de travail énorme que les profs ne sont pas tous prêts à assumer. « Ca me gêne d’écrire qu’un élève n’a pas les compétences pour faire médecine, et de laisser cet avis définitif alors que ses compétences peuvent évoluer » explique une enseignante. « Si on ne remplit pas les avis, on ne sait pas si l’élève pourra quand même s’inscrire, alors on risque juste de mettre un avis positif à tous ses vœux » explique un autre.
Mais qu’on se rassure. Les élèves qui : ont Internet, une Master Card, la nationalité française ainsi que leurs parents, résident à Mayotte depuis plus de 15 ans et n’ont pas peur des formalités administratives, ne devraient rencontrer aucun souci.

Y.D.

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