Saïd Omar Oili accueillait Florence Gendrier pour présenter les JEP 2018

« Pour moi, le patrimoine, ce sont les objets qui me rappellent mes grands-parents et qui les font revivre. Quand je regarde ce banga, c’est celui de ma grand-mère quand le soir elle nous racontait des contes qui parfois nous effrayaient »… Saïd Omar Oili, le président de l’intercommunalité de Petite Terre et maire de Dzaoudzi-Labattoir formulait ainsi le mode de patrimoine qui domine à Mayotte, l’immatériel.

Ce qu’explique Florence Gendrier, Directrice des Affaires Culturelles de l’Etat : « En métropole, le patrimoine est ‘muséifié’, c’est très bien, mais ici, il se vit toujours. D’ailleurs, nous vivons le syndrome du poisson rouge qui ne sait pas qu’il vit dans l’eau. Les projets de mise en valeur du patrimoine vont sensibiliser les élus sur la valeur de ce qu’ils ont entre les mains. Nous sommes en permanence entre tradition et modernité. »

Une belle tablée de représentants des communes

Les communes se sont peu à peu réveillées et certaines se sont totalement investies de la mission de préservation du patrimoine, mais surtout, sur la façon de le faire revivre. Elles ont commencé à former leur personnel, « pour construire une politique patrimoniale, nous avons proposé aux agents communaux des formation-action, complète Florence Gendrier, et certains agents du musée peuvent suivre une formation à l’Institut National du patrimoine. L’objectif est de les amener en 2020 à une formation qualifiante ».

Le Muma a par ailleurs candidaté pour obtenir le label « Musée de France », réponse en novembre 2018. Son programme est fourni pour ces JEP (communiqué JEP MUMA 2018)

Le mtsolola, un concept à exporter

Acoua figure en pôle position des JEP chaque année, dont l’adjoint au maire rappelait les nombreuses découvertes archéologiques, notamment à Antsiraka Boira, et revenait sur le passé malgache de la cité, « Acoua signifie ‘de l’autre côté’ en kibushi. » A ses côtés des représentants de Dzaoudzi Labattoir, Pamandzi, Mamoudzou, Bandrélé, Chirongui, Chiconi, Boueni et du MuMa, musée de Mayotte.

Andzizi Daroueche appelait à valoriser la gastronomie mahoraise

Le thème cette année est « L’art du partage », avec à Mayotte une forte dominante culinaire. C’est donc le master chef local, Andzizi Daroueche qui donnait le ton, en tant qu’ « ambassadeur régional culinaire », lui qui avait remporté le prix du jury au Trophée des chefs ultramarins de 2017 en Guadeloupe : « Pour ces JEP, nous lançons le concours culinaire des plats traditionnels, qui se tiendra pour cette 1ère édition en Petite Terre autour de la préparation du mtsolola*. »

C’est à partir de ce plat qu’il appelait les mahorais à être fiers de leur culture : « Les Réunionnais sont parvenu à diffuser leur rougail à force de communication. Nous savons valoriser les autres, mais nous nous dévalorisons ! » Rendez-vous donc pour une dégustation de Mtsolola le samedi midi en Petite Terre.

Pamandzi met en valeur la noix de coco, et ses multiples usages, place des Congrès, et deux quartiers accueilleront les visiteurs, dont l’un pour son syncrétisme, Mamoudzou mettra à l’honneur le « wadaha », une danse folklorique et proposera des démonstrations de fabrication de chombo, de mortier et pilon, de dzendzé, alors que Bandrélé (Programme JEP 2018 à Bandrélé) mettra du sel dans le programme, et pas seulement en raison de son Ecomuséee, ou de sa spécialité épicée Oure waguini (“la bave du diable”), concocté avec du tamarin et du piment, mais aussi pour sa découverte de la mangrove en kayak. Mamoudzou nous a également adressé un Programme JEP 2018 Mamoudzou.

Un dzendzé sorti des mains d’Ibrahim Colo à Chiconi (©DAC Mayotte)

Pour découvrir l’ensemble des animations sur l’ensemble de l’île, demandez le Programme JEP 2018 !

Anne Perzo-Lafond
Lejournaldemayotte.com

* Bouillon de banane et de manioc, où cuisent de la viande ou du poisson, assaisonnés de curcuma, hanga (basilic mahorais), citron ou tamarin