Photo Saandati parchemin 1Née en 1954, Saandati AHAMADI a 6 enfants, grand-mère, elle est originaire de Mamoudzou

« Une amie m’a convaincu de quitter Mayotte pour s’installer à la Réunion.
J’étais jeune et sans enfant !
J’ai donc pris la décision de partir.
C’était un 8 décembre 1986 et mes frères ont participé à ce projet en payant mon billet d’avion.

L’adaptation n’a pas été facile mais je me suis battue et j’ai appris à vivre loin de ma famille.
J’ai fondé ma famille à la Réunion car c’est ici que j’ai connu le père de mes enfants.
Des enfants que j’ai élevé seule et dont je suis fière ! Ce sont des réunionnais et fière de leur origine mahoraise. Maintenant certains vivent en Métropole, d’autres à Mayotte et à la Réunion.

Ce n’est qu’en 1992 que je commence à travailler dans les écoles primaires (cantine, nettoyage). J’ai travaillé pendant 18 ans pour la Mairie et c’étaient des contrats aidés.
Je fais partie des anciens qui sont arrivés de Mayotte et ceux qui ont créée l’association des femmes mahoraises de la Réunion.

L’objectif était d’accueillir les pèlerins qui se rendaient ou qui rentraient de la Mecque ; de participer aux rites funéraires et de valoriser et de partager des journées culturelles mais aussi de collaborer avec les autres associations réunionnaises.
A l’époque nous n’étions pas nombreux et nous nous entraidons.
C’est dommage ce n’est plus pareil ! Photo Saandati parchemin 2
A l’époque, il n’y avait pas de mépris envers les mahorais et nous savions nous comporter et nous nous respections.
Il est important de rester soudés quand on est parti loin de chez soi !
Par exemple nous, nous sommes un groupe de femmes arrivées à la même période et nous nous comprenons et nous nous soutenons.
J’ai eu de belles rencontres à la Réunion et c’est une expérience qui m’a construite, c’est dans ce lieu que je suis devenue mère et grand-mère… mais je reste attachée à mon île.

Jusqu’à mon dernier souffle je défendrais les causes de Mayotte : je suis une « femme leader » !
Mayotte je m’y rends régulièrement car ma mère est âgée et un jour je m’y installerai.
Le bonheur c’est de pouvoir décider ! Je l’ai fait eu quittant Mayotte. C’est aussi la réussite de mes enfants, ils ont eu leur baccalauréat et ils sont épanouis.

Je conseille à toutes les femmes de ne pas oublier leurs origines.
Si nous avons quitté chez nous c’est pour une vie meilleure mais que si nous décidons d’y retourner ; nous devons apporter des connaissances et avoir réussi l’éducation de nos enfants !
Là où nous sommes nous devons montrer le bon exemple et avoir une bonne image de soi et tout faire pour que les gens aient une bonne image de nous.

Saandati AHAMADI