Salim Nahouda en tribunal ce mercredi
Salim Nahouda en tribunal ce mercredi
Salim Nahouda lors de la première audience

Le secrétaire départemental de la CGT Ma, Salim Nahouda avait été condamné le 29 juin 2016 à verser un total de 21.000 euros aux parties plaignantes. Accusé d’avoir diffamé, puisqu’en direct à la radio, il avait sous-entendu qu’une corruption de certains élus avait permis à la société Mayotte Channel Gateway (MCG)  d’obtenir la délégation de service public (DSP) de la part du département et donc de gérer le port de Longoni. Ida Nel et son entreprise avait donc eu gain de cause sur l’accusation de diffamation, ainsi que l’ancien président du département Daniel Zaïdani.

L’affaire était rejugée ce matin en appel, bien que la défense ait demandé un renvoi, Salim Nahouda ayant choisi cette fois un avocat parisien qui n’avait pu être présent.

Se défendant par lui même, Salim Nahouda précisait qu’il n’avait jamais donné de noms d’éventuels corrupteurs ou de corrompus à l’antenne , « j’ai dit ‘certains élus' ». Il apportait là encore des précisions supplémentaires, en l’occurrence deux recrutements chez MCG: de la binôme du conseiller Daniel Zaïdani, et de Jacques-Martial Henry, « qui avait soutenu publiquement lors de la DSP en 2013 le dossier de madame Nel alors qu’il était encore conseiller départemental. Il est aujourd’hui son chargé de mission. »

Quant à ses propos tenus sur une radio privée, Salim Nahouda les rapprochent de ceux tenus par l’ex conseiller départeemental de Koungou, Raos, « qui a dit qu’ils avaient tous été achetés, accusation portée en shimaoré sur une chaîne publique, donc très écoutée. » Accusation qui avait ensuite été diffusée sur les réseaux sociaux. Et qui n’a fait l’objet d’aucune plainte.

Me Jorion lui reprochait de se présenter au nom du peuple, sans en avoir la légitimité, qu’avait par contre Daniel Zaïdani. Le secrétaire départemental de la CGTMa rappelait le contexte de son intervention, « 180 salariés au cœur d’un conflit difficile et le port bloqué », et rappelait que Raos était à l’époque un élu du département, légitimant une expression au nom de la population.

L’avocat général ne s’est pas prononcé sur une affaire qui ne relève pas de l’intérêt général, tout au plus a-t-il indiqué qu’un dépôt de plainte était souhaitable lorsque des preuves de corruption existaient.

A.P-L.

Le Journal de Mayotte