En préambule ux mesures contre la Vie chère, la ministre avait annoncé la baisse des prix des carburants à La Réunion

Elle avait pourtant annoncé qu’elle n’avait pris qu’un « billet aller » pour La Réunion, la Ministre repart cet après-midi pour Paris, sans avoir la satisfaction de quitter un territoire apaisé. Annick Girardin aura enchaîné les rencontres de terrain, au contact des gilets jaunes, qui mènent la fronde depuis le 17 novembre, et les acteurs économiques, qui subissent depuis cette date de lourdes pertes.
Après avoir annoncé des mesures en faveur des familles et de la jeunesse mercredi soir, la Ministre des Outre-mer a pris la parole jeudi puis vendredi soir pour compléter un package d’annonces sensées apaiser le département qui vit depuis deux semaines au rythme des barrages.

Des annonces à La Réunion et pour tous les départements d’Outre-mer

Au deuxième jour de sa visite, Annick Girardin a abordé l’économie et le logement. Elle a notamment rappelé son ambition de soutenir et dynamiser l’économie et l’emploi dans les outre-mer, à hauteur de 2.6 milliards d’euros pour l’ensemble des territoires ultramarins. Il s’agit d’une part de supprimer les charges pour les salaires minimums dans les secteurs du tourisme, du BTP, de l’industrie, l’agriculture et l’environnement. Elle a également indiqué que le dispositif de défiscalisation industrielle serait prolongé jusqu’en 2025.
Concernant la vie chère, « Nous le savons tous, la situation des outre-mer est hors norme. Les études le montrent : l’indice des prix à la consommation demeure structurellement plus élevé que dans l’hexagone ». Sur cette problématique, une étude a été commandée à l’Autorité de la concurrence sur le fonctionnement des marchés d’importation et de distribution des produits de grande consommation en outre-mer. Le résultat sera publié dans le courant du premier trimestre 2019. En parallèle la Ministre a annoncé la nomination « d’un délégué à la concurrence outre-mer au ministère de l’économie et des finances et un correspondant outre-mer au sein de l’Autorité de la concurrence […] Dès le mois prochain, ces délégués se rendront en priorité à La Réunion pour engager un travail de fond qui sera ensuite décliné au cours de l’année 2019, sur l’ensemble des territoires ». Annick Girardin a précisé qu’ils auront pour mission de mener « une opération vérité sur les biens de consommation ».

La Réunion devient une zone franche globale

Le site dédié aux revendications

Pour revenir sur le cas spécifique de La Réunion, les sociétés installées en zone franche bénéficient d’une baisse de leur imposition, à hauteur de 7%. Cette zone franche est étendue à l’ensemble du territoire. Elle a annoncé par ailleurs la rallonge de 1000 emplois aidés (500 pour les entreprises et 500 pour le secteur associatif) de type parcours emploi compétences, sous condition de recrutement avant la fin de l’année 2018. « Avec le reliquat qui existe déjà de 900 contrats qui sont en attente de signature, ce sont 1900 emplois qui pourront être pourvus d’ici un mois si l’activité reprend au plus vite ». Une enveloppe de 1.5 million d’euros sera octroyée aux associations réunionnaises en 2019 et un appel à projets économie sociale et solidaire sera lancé à hauteur de 2 millions d’euros.
Concernant la vie chère, Annick Girardin a informé d’une baisse de 10% des prix des produits du bouclier qualité prix, de même que la création d’un panier peï mensuel qui permettrait au consommateur de manger local. Afin de répondre aux revendications de transparence, elle a annoncé la mise en place d’un compteur emploi pour suivre les embauches de contrats aidés, la création d’un site transparence de la dépense publique – comme c’est déjà le cas à Mayotte et en Guyane – et le tirage au sort de 50 réunionnais volontaires pour participer à l’observatoire des prix.

Les collectivités associées à la démarche

Comme en métropole, et auparavant à Mayotte, les gilets jaunes de La Réunion ont souhaité tenir à l’écart les élus. La ministre, elle, a souhaité les associer à ses annonces. Les présidents du département et de la région, Cyrille Melchior et Didier Robert ont donc tout deux appelés à la lever des barrages et la reprise du dialogue entre citoyens et élus. Didier Robert est allé plus loin dans ses prises de position et a notamment lancé l’idée d’une « continuité territoriale sur les biens et les produits » avec une prise en charge des surcoûts liés au transport par l’Etat, l’Europe et la Région et une baisse de la TVA sur certains produits. Il a également suggéré une concertation sur la révision de l’octroi de mer, un travail à mener avec la population, les collectivités et les producteurs. Annick Girardin a repris l’idée en annonçant une consultation citoyenne sur ce sujet, « une taxe difficile à accepter sur certains produits » a-t-elle dit, oui, mais qui rapporte tout de même 420 millions d’euros aux collectivités réunionnaises chaque année.
L’inquiétude règne sur la poursuite du mouvement des gilets jaunes, et notamment le maintien des barrages. Ils ont mis en place un site pour recueillir les doléances jusqu’au 4 décembre.

M.C.