"Une Bamana, ça ne démissionne pas!" avait-elle dit le 7 juillet dernier
Anchya Bamana, maire de Sada
Anchya Bamana, maire de Sada

Les maires vont-ils parler d’éducation ? C’est en tout cas le souhait d’Anchya Bamana, la maire de Sada, qui a très largement communiqué sur sa volonté de voir la réunion de l’association des maires de Mayotte, organisée ce vendredi, aborder ces questions importantes pour les communes.

Alors qu’Annick Girardin a planifié une première visite à Mayotte à la fin du mois d’août, Anchya Bamana aimerait que les maires montent un dossier pour remonter les besoins de Mayotte à la ministre des Outre-mer mais également à celui de l’Education, Jean-Michel Blanquer.

Pour cela, elle souhaite s’appuyer sur le rapport d’avril 2017 du Conseil économique, social et environnemental de Mayotte (CESEM). Elle voudrait en réalité «compléter» ce document «par un chiffrage de nos besoins». Ce rapport du CESEM «sur les conditions de la réussite scolaire à Mayotte» avait fourni des conclusions et des propositions pour modifier le système éducatif tel qu’on le connaît dans le département, mais il s’était gardé d’y associer un coût. Anchya Bamana veut donc que des sommes soient posées, en particulier en face de quatre sujets.

Des internats et des cantines

Il s’agit, bien entendu d’abord de la question des constructions. Dans son rapport*, le CESEM propose de «décliner un plan de rattrapage et de rénovation des salles de classes pour supprimer les rotations scolaires». Ce seraient ainsi, selon lui, plus de 600 salles qui seraient à réaliser. Mais le sujet de la construction concernerait aussi des internats. Il n’en existe qu’un seul (privé) actuellement et 3 sont en chantier par le vice-rectorat. Le CESEM voudrait en voir dans chacun des 26 collèges et lycées professionnels de Mayotte. Il faudrait donc en définir le coût.

L'internat de Dembéni
L’internat de Dembéni

La 2e question est celle de la restauration scolaire, jugée «cruciale» par Anchya Bamana. Vient ensuite la problématique du manque d’enseignants et formation du personnel. La maire de Sada n’hésite d’ailleurs pas à relayer sur ce sujet un document intersyndical du mois d’avril, cosigné par le SIEN-UNSA, le SNPI-FSU, le SNES-FSU et le SNUipp Mayotte. Il réclamait, entre autres choses, «des moyens massifs et un accent mis sur l’attractivité de notre territoire pour les titulaires» à destination des élèves mais aussi pour conforter les enseignants: «On ne pourra pas dégager des moyens en formation pour les nombreux contractuels recrutés en masse ces dernières années, sans augmenter le nombre d’agents titulaires notamment formateurs, conseillers pédagogiques, enseignants spécialisés», écrivaient alors les syndicats.

Une programmation sur plusieurs années

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Anchya Bamana salue les évolutions sur la question des rythmes scolaires

Enfin, la dernière question soulevée est celle de la médecine scolaire. Pour Anchya Bamana, elle est «inexistante dans le 1er degré», ce qui constitue pour elle «une vraie injustice sociale» et «une exception du territoire national», alors que «le code de la santé publique donne cette compétence au vice-rectorat» et non à l’ARS.

Au final, avec ce travail de chiffrage, la maire de Sada souhaiterait demander au gouvernement «une programmation sur 2 ou 3 ans en vue de rattraper nos retards».

Ultime sujet concernant l’éducation : les rythmes scolaires. Anchya Bamana se félicite que le gouvernement Macron ait fait preuve de souplesse sur la question, avec la possibilité de sortir du système. «La balle est dans notre camp pour faire connaître la réalité de Mayotte à Paris», conclut la maire, qui propose «une vision territoriale de cette affaire», une approche par commune qui déboucherait sur front uni des maires pour défendre les intérêts de Mayotte.

PM
www.lejournaldemayotte.com

*Voir le Rapport cese education 2017_v1