Une scène d’une rare lâcheté s’est déroulée à Kawéni. Alors qu’il arrivait avec le minibus du LEA de Kawéni, le conseiller pédagogique d’éducation s’est fait agresser en voulant défendre ses jeunes. Personne ne s’est porté à son secours alors que la circulation était bloquée.

La Police nationale n'a pas communiqué sur cette agression
La Police nationale n’a pas communiqué sur cette agression

Jeudi matin, vers 6h, Mmadi Youssouf, CPE au LEA de Kawéni, entend ses élèves l’interpeller : aux environs de Renault-Somiva, deux jeunes, couteaux à la main, viennent de leur voler leur portable.

Au volant du minibus de la société, il laisse son véhicule au milieu de la chaussée, pour pouvoir intervenir et compter sur l’aide éventuelle d’automobilistes qui le suivent. Il demande la restitution du portable lorsque les deux jeunes le menacent en brandissant leur couteau, avant de prendre la fuite.

Le CPE parvient à maîtriser le plus grand, qui lui assène un premier coup de couteau, en appelant son comparse. Ce dernier arrive pour planter à son tour un coup de couteau au niveau du thorax de l’enseignant. La scène se déroule sous les yeux d’une longue file de voitures, et de sa femme qui appellera à l’aide… en vain. Seul un homme interviendra pour faire monter les élèves dans le véhicule.

Le conseiller pédagogique travaille au LEA Espérance
Le conseiller pédagogique travaille au LEA Espérance

« Personne ne m’a aidé, alors qu’on aurait pu les faire fuir. Les jeunes sont repartis, tranquillement, sans se presser, comme s’ils allaient acheter un sandwich », commente désabusé Mmadi Youssouf. Les soins lui seront donnés à l’hôpital où les médecins notent que la plaie du côté gauche est profonde, « le coup n’est pas passé loin du poumon », lui explique-t-on.

Un des deux jeunes serait connu à Kawéni, les lycéens ont pu donner son identité.

Il résume son agression comme « la matinée de la honte » pour les personnes présentes qui n’ont pas eu le courage d’intervenir, « ils ont mis un voile sur ce qu’ils voyaient ».

De son côté, il a repris son travail dès lundi, après avoir déposé plainte.

A.P-L.
Le Journal de Mayotte