"Nécessité pour Mayotte d'allonger sa piste d'aéroport", pour Didier Robert

C’est pour sa casquette de région-actionnaire principal de la SEMATRA, qui détient 90% d’Air Austral, que Didier Robert était sollicité sur le monopole de la compagnie à Mayotte sur les trois-quarts de l’année, et les prix des billets qui en découlent par rapport à ce que paient les Réunionnais.

Se disant forcément favorable à « l’amélioration de la connectivité aérienne », et donc à la « pluralité », il s’est dit heureux de l’arrivée de la low cost French Bee à La Réunion. De même, pas d’amalgame entre sa casquette de président du conseil régional et celle de président de la SEMATRA, une petite allusion aux suspicions de surfacturations des bons de continuité territoriale portées en février par le Quotidien à l’encontre des dirigeants d’Air Austral, au bénéfice de la Région. Démenties dans la foulée par les dirigeants d’Air Austral. Didier Robert affichait sa certitude de « la nécessité pour Mayotte d’allonger sa piste ».

Préoccupation majeure pour la population, le prix des billets d’avion avait fait l’objet d’une mesure du Plan avenir pour Mayotte énoncé par Annick Girardin, celle d’une étude prévue sur ce dossier de desserte aérienne. Avec comme objectif rappelé par le préfet, « le plus grand nombre de destinations à un prix raisonnable ». Il annonçait qu’à la suite du passage d’une mission au mois d’août, l’ingénieur général Buisson revenait fin octobre à Mayotte, « il a rendez-vous le 25 octobre avec le président Soibahadine », glissait le directeur de cabinet du Département. Avec une réponse « d’ici la fin de l’année », concluait Dominique Sorain.

« Pas de retour en arrière »

Nombreuses accolades entre Soibahadine Ramadani et Didier Robert ce mardi

Autre sujet, l’adhésion de Mayotte à la Commission de l’Océan Indien (COI). Organisation intergouvernementale créée en 1982, elle réunit cinq pays de la région océan Indien occidental : Union des Comores, France, Madagascar, Maurice, Seychelles. La France étant représentée par La Réunion. Les Comores ne reconnaissant pas Mayotte française, notre département en est exclu, paradoxal alors qu’il s’agit une instance décisionnaire en matière de développement économique régionale. Difficile de pratiquer la coopération dans ce contexte.

La tentative de pays membres pour faire évoluer la situation a été jusqu’à présent couronnée d’échecs, et on se souvient de l’exclusion de l’ancien président Douchina de la délégation française en 2015 à Moroni. Pas de solution sans faire évoluer le statut de cette COI, rappelle Didier Robert au JDM, ce que les Etats membres n’étaient pas parvenus à faire en 2016. « Je vais appuyer les démarches du président Soibahadine sur ce sujet, et il faut que l’ensemble des territoires membres de la COI accompagnent et comprennent qu’il n’y aura plus de retour en arrière possible sur le statut de Mayotte, ce qui n’a pas toujours été le cas. »

Anne Perzo-Lafond
Lejournaldemayotte.com