L'employée a été agressée en 2016 sur la route du lycée. Elle est depuis en arrêt.
L’employée a été agressée en 2016 sur la route du lycée. Elle est depuis en arrêt.

Une fonctionnaire de l’Education Nationale, affectée à Mayotte en 2015, accuse le vice-rectorat de discrimination.
C’est le Quotidien de la Réunion qui révèle l’histoire de cette agent administratif, installée à la Réunion en 2011 avec sa famille. N’y trouvant pas de poste, elle a postulé au vice-rectorat de Mayotte où elle a été affectée en 2015 au lycée Bamana de Mamoudzou.

Mais pour cette mère de famille, l’aventure mahoraise a viré au drame. Le 5 juillet 2016, alors qu’elle se rend sur son lieu de travail, des agresseurs tentent de lui soutirer de l’argent, avant de l’asperger d’essence, menaçant de l’immoler. Elle reçoit également un coup de chombo au bras, dont elle garde la cicatrice.
L’agression est classée comme accident de travail, et la fonctionnaire est depuis lors en arrêt maladie. Elle a rejoint ses enfants à la Réunion.
Ce qui a pour elle retourné le chombo dans la plaie, c’est quand, en juin dernier, le Vice-rectorat lui a signifié la fin de son détachement à Mayotte. Défendue par l’avocat Jérôme Maillot, elle a déposé un recours au tribunal administratif pour contester cette décision que son conseil juge discriminatoire  » en raison de son état de santé ». L’avocat précise que sa cliente « a peur » et ne peut « de toute façon pas y retourner ».

« Sur le plan humain c’est dégueulasse »

« J’ai vécu quelque-chose de grave, j’ai l’impression que ce n’est pas reconnu et humainement, c’est difficile » exprime-t-elle auprès de nos confrères du Quotidien.

« Sur le plan humain c’est dégueulasse » poursuit-elle, admettant que la loi ne joue pas en sa faveur. En effet, l’administration a pour elle un poste à Paris, alors qu’elle a depuis 6 ans sa maison et sa famille à la Réunion. « J’ai besoin de travailler et de tourner la page. Que le Rectorat de la Réunion fasse quelque-chose pour moi » conclut-elle.

Du côté du Vice-rectorat de Mayotte, c’est l’incompréhension. « On ne comprend pas d’être attaqué sur la base d’une mesure discriminatoire, ce n’est pas une personne qu’on licencie. Elle a travaillé chez nous un an, dans le cadre d’un détachement, puisqu’elle relève du ministère des Finances publiques, et non de l’Education Nationale. Elle a été en arrêt maladie suite à une agression, et on comprend qu’elle ne veuille pas revenir, c’est traumatisant. Pour nous, elle est donc absente depuis septembre 2016, un titulaire a été nommé sur le poste laissé vacant et décision a été prise de ne pas laisser ouvert ce détachement. Ce n’est pas quelqu’un qu’on laisse sur le côté de la route, mais qui rejoint son ministère de tutelle. On ne peut pas être taxés de discrimination sur ce sujet-là ».

Y.D.