« Bidonvillisation » de Koungou, 60 millions d’euros pour « gérer cette problématique »

Relier Majicavo Koropa et Majicavo Lamir par les hauteurs, préfigurer le contournement de la RN pour fluidifier la circulation, résorber l'habitat insalubre tout en préservant une "trouée verte" entre les deux quartiers. Le Nouveau plan de rénovation urbaine (NPRU) de Koungou n'aura pas de trop avec les 60 millions d'euros déployés au total pour le quartier de Koropa qui "concentre toute la misère de Koungou et de Mayotte en général"

0
1104
Le secteur Bandrajou et ses enjeux

Quatre photos satellites prises depuis 1998 montre la progression spectaculaire de l’urbanisation à Majicavo. D’une vaste zone forestière et agricole, il ne reste presque plus que de l’habitat, formel ou non, et des zones agricoles grignotées par les bidonvilles.

C’est dans ce contexte que l’Agence nationale de rénovation urbaine (ANRU) a sélectionné Majicavo Koropa pour un vaste plan de restructuration du quartier. A Mayotte, deux autres sont concernés : La Vigie en Petite Terre, et Kawéni à Mamoudzou.

David Leclaire, Chef de projet NPRU de Majicavo Koropa, rappelle qu’une « première phase a commencé avec la voirie de Bandrajou », un projet « à 10 millions d’euros avec l’accès à l’assainissement, les réseaux, l’éclairage, des choses importantes pour la vie du quartier » où « toute une partie n’est accessible qu’avec des pistes en terre. » L’idée globale étant de « créer un accès vers les zones bidonvillisées qu’on veut résorber » indique le chef de projet.

La deuxième phase, qui « est beaucoup plus complète », vise aussi à « améliorer l’accessibilité » mais aussi plus globalement le cadre de vie dans son ensemble.

« Koropa c’est un tiers de toute la commune de Koungou, c’est le village le plus conséquent. Il bénéficie de l’attractivité de Majicavo Lamir et de Kawéni à Mamoudzou. En termes de transactions foncières on voit que c’est un secteur très actif. Depuis 1997 l’évolution est spectaculaire sur les images satellites, avec des bidonvilles mais aussi des maisons en dur. En 8 ans, 1000 cases en tôle ont été construites » décrit le responsable. De quoi montrer l’urgence de ne pas laisser ce quartier osciller entre bidonville et décharge à ciel ouvert.

Mettre fin aux « tensions » liées à la circulation

Le quartier est en pleine transformation. Sans plan d’urbanisme, le résultat peut être anarchique, notamment pour circuler

Cette deuxième phase, c’est 20 millions d’euros de subventions de l’ANRU, et 60 millions d’euros de financements au total, sur 5 ans. « L’objectif est de créer un accès vers les hauteurs et décongestionner le secteur de Dubaï, car on voit bien que la circulation sur ce secteur est chaotique, ça crée des tensions entre les commerçants, les taxis, les livreurs, c’est problématique. Ce contournement peut préfigurer une future route des crêtes qui est en phase d’études et qui est portée par le Département. Pour l’instant on parle d’une liaison interne aux quartiers de Majicavo. Puis il s’agit de résorber l’habitat insalubre sur un terrain privé où se trouvent 250 cases en tôle. La stratégie c’est de faire la liaison avec Majicavo Lamir par les hauteurs pour conserver une coulée verte vers le bas. Une liaison qui sera routière et construite pour relier les deux villages. L’idée c’est vraiment de canaliser une urbanisation à Majicavo qui est actuellement incontrôlée, de maîtriser le foncier et d’inciter les personnes en proposant des solutions ».

Centre sportif, centre social, PMI, tout un programme

En 20 ans, la zone s’est métamorphosée, pour le meilleur et parfois pour le pire

Dans le cadre du NPRU, « sur tout le secteur de Dubaï et Bandrajou il y a des projets spécifiques pour le logement et pour construire des équipements publics, c’est le plus important dans l’immédiat : un centre sportif, un centre social, une PMI, tout ça est financé par le NPRU, c’est une chance pour Majicavo Koropa. On n’a pas souvent des moyens aussi puissants qu’en métropole pour réaménager ces quartiers qui le méritent. Ici tout ce qui touche à l’urbanisme est problématique et on apporte une solution massive, ça montre qu’on peut être actif à Mayotte et qu’on peut être maîtres du foncier et de l’urbanisation ».

Les enjeux affichés sont donc multiples, aussi bien sociaux, économiques, environnementaux, ou encore de circulation. Cinq ans ne suffiront pas à tout mener à terme admet la mairie, mais nombre de travaux et d’études pourront être menées dans ce délai.

« Ca ne sera pas magique mais puisque Majicavo concentre déjà toute la misère de Koungou et de Mayotte, mais là on dit stop, on ne peut plus gérer cette problématique » résume David Le Claire.

LAISSER UN COMMENTAIRE

Please enter your comment!
Please enter your name here