Les bidonvilles « dans le registre de la population sans domicile » en termes de santé publique

L'agence Santé Publique France a été créée le 1er mai 2016 et est désormais présente « sur tout le territoire » avec « l'ouverture de nouvelles cellules régionales à Mayotte » indique cette dernière. Les conditions de logement sur l'île sont un facteur de santé publique et non seulement une problématique d'habitat, rappelle l'agence.

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Une opération de démolition d'habitat illégal

C’était « un rendez-vous « très attendu par les professionnels de la santé publique » s’exprimait Jérôme Salomon, directeur général de la Santé, en ouverture de rencontres de la santé publique qui se tiennent en visio conférence pendant deux jours. Un événement « symbolique d’un retour prudent et progressif des activités » selon lui. D’autant que ces rencontres ont été annulée l’an passé à cause de la pandémie.

Geneviève Chêne, directrice de l’agence tire un premier constat: « Le besoin de santé publique n’a jamais été aussi évident, (…) cette crise remet au centre le concept de santé globale. L’épidémiologie fait son entrée au sein de chaque foyer et se démocratise. L’un des enseignements de cette pandémie est la nécessité de replacer la promotion de la santé au cœur de l’agenda des politiques publiques. Nous devons promouvoir un monde sans tabac, une alimentation favorable à la santé, l’activité physique et des environnements favorables à la santé. Ceci implique la contribution de nombreux acteurs de la société : social, économique, environnemental, sport, transport et urbanisme.

En effet selon elle, la crise a encouragé « la prise de conscience de l’impact des inégalités sociales sur la santé », car « les plus précaires et les plus vulnérables ont été durement touchés ». L’impact de l’environnement de vie sur la santé a aussi été mis en lumière, « comme le traduisent certaines inégalités de logement par exemple ».

« On est dans le registre de la population sans domicile »

On se souvient en effet de cette dichotomie au début de la crise sanitaire, quand il fallait confiner toute la population pour freiner l’épidémie, un confinement impossible à faire respecter dans des quartiers insalubres, où le nombre d’occupants par case rendait la mesure non seulement impossible à mettre en œuvre, mais aussi contre productive. De même, les campagnes sur les gestes barrière et le lavage des mains se heurtait vite à la réalité de la vaste part de la population mahoraise privée d’eau courante au domicile.

Un système de grille, le « domiscore » a été établi pour noter chaque logement en fonction de la vulnérabilité de ses occupants, de son isolation etc. avec pour vocation de créer une « échelle de santé et de bien-être », mais avec des critères bien éloignés de ce qui se rencontre en outre mer, et en particulier à Mayotte. Les constats qui en découlent sont néanmoins d’autant plus parlants ici.

Jérôme Salomon, en visioconférence

« Le logement et plus largement l’ensemble des conditions d’environnement, dont l’habitat, peuvent affecter fortement notre santé physique et psychique » écrit ainsi Santé Publique France. L’objet de la conférence de ce mardi après-midi sur le logement était de réfléchir à comment « réduire les inégalités sociales de santé liées à l’habitat ».

A Mayotte au vu de la précarité « on est dans le registre de la population sans domicile » répondent les conférenciers sur la question du mal logement dans le 101e département, qui va bien au delà des critères pris en compte dans leurs travaux.

De quoi mettre en lumière une problématique qui n’est généralement présentée ici que sous l’angle du foncier ou de la situation administrative des occupants des bidonvilles, mais qui relève, aussi, d’un enjeu de santé publique global qui ne pourra être réglé sans un panel de solutions plus pérennes.

Y.D.

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