Ségur de la santé : jackpot pour le CHM

Le Ségur de la santé, initié au niveau national à la suite de la première vague se décline avec quelques bonnes nouvelles au plan local à travers des financements massifs à l'endroit du CHM. Reste la question des ressources humaines, sur laquelle l'ARS dit plancher à travers l'élargissement des formations.

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Ségur de la Santé, Mayotte, CHM, ARS, Voynet
Les salaires des personnels soignants et non soignants de l'hôpital sont revus à la hausse.

« C’est en tout 65 millions d’euros qui ont été annoncés pour Mayotte », se réjouit Dominique Voynet, convaincue que « Mayotte a été très bien aidée ». Une aide saluée qui doit permettre de nouveaux investissements dans le système de soin, comme une revalorisation des salaires des personnels. Laquelle s’élève par exemple à 183 euros mensuels pour les infirmiers. 2457 personnels paramédicaux et non médicaux de l’hôpital verront également quelques chiffres en plus sur leurs bulletins de salaires et 334 médecins bénéficieront soit d’une nouvelle indemnité soit d’une revalorisation à travers un avancement de carrière.

Reste que, pour beaucoup de soignants, la réponse aux maux des hôpitaux passe par des investissements. 33 millions d’euros ont été débloqués à ce titre pour le CHM à travers le Ségur, annonce Dominique Voynet. Également satisfaite de voir le rôle des ARS renforcé sur ce plan : désormais, pour tout dossier inférieur à 150 millions d’euros, ce sera à l’agence régionale de piloter, sans besoin d’autorisation de Paris -mais tout de même en rendant des comptes.

Le deuxième hôpital encore en plans

« À nous de faire avancer le système de santé », rappelle ainsi l’ancienne médecin. Priorité sera faîte au parcours urgences et au renforcement des capacités de soins lourds. Et bien sûr, vient le dossier de deuxième hôpital, déjà doté d’une enveloppe de 176 millions d’euros. « J’entends qu’il y ait de grands doutes quant à ce projet dans la société, tout simplement car rien n’a avancé de manière visible depuis l’annonce du président de la République », admet Dominique Voynet.

Mais les choses avancent, promet-elle, et deux plans stratégiques sont en cours d’élaboration pour finaliser le dossier avant que ne puisse, enfin, commencer le chantier. Dans le même temps, on planche sur une « meilleure articulation entre l’hôpital et la médecine générale de ville ». Encore faut-il qu’il y ait des médecins en ville. « On sait que les jeunes médecins ne veulent plus travailler seul, on voudrait donc faciliter la création de maisons de santé », indique la directrice de l’ARS.

Pas de « plan Marshall » pour la formation locale

Quid de la formation ? Il faut admettre que les projets sont plus mesurés. L’ARS accompagne un groupe d’infirmiers locaux dans leurs poursuites d’études pour obtenir le statut d’IPA (infirmier en pratique avancée). « On travaille également avec le Département et le rectorat sur une montée en puissance de l’IFSI (institut de formation en soins infirmiers) », indique la directrice.

Si le CHM reçoit une belle enveloppe, la formation locale peine à se développer.

« Il est aujourd’hui tout petit et je rêve de pouvoir le relocaliser, sur un vrai site adapté », commente Dominique Voynet. Mais avant les rêves, « on y va par pallier », avec une augmentation des places d’environ un quart.

Dans le même temps, l’objectif est de nouer différents partenariats pour permettre des échanges avec des instituts métropolitaines afin d’augmenter la diversité de stages pour les étudiants de Mayotte. « Dans un premier temps il est plus intéressant de pouvoir augmenter le rythme et le nombre des échanges avec la métropole », assure la directrice de l’ARS. Qui s’est prise à un autre rêve « ouvrir une école de sage-femmes ». Étayant sa pensée, Dominique Voynet souhaiterait une formation fifty-fifty avec La Réunion avec un an sur chaque île.

G.M.

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