Une nouvelle espèce de serpent endémique de Mayotte

Une nouvelle espèce de serpent endémique de Mayotte, baptisée Madatyphlops eudelini, a été identifiée. Plusieurs chercheurs co-signent une étude publiée dans The Anatomical Record, officialisant cette découverte.

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Serpent, Mayotte
Une espèce baptisée du nom de son découvreur ©Rémy Eudeline

Par Marine Wolf

En octobre 2014, Rémy Eudeline, professeur et passionné de biologie, repère sur le chemin du Mont Bénara le cadavre d’un petit serpent aveugle, différent des autres spécimens qu’il a croisées auparavant. L’animal semblant mort depuis peu, il le ramène chez lui et le conserve.

Un mois plus tard, il repart au Mont Bénara avec Cynthia Wang-Claypool, Ludovic Montfort, Oliver Hawlitschek et Oliver Hawlitschek, dans le but de déterminer s’il s’agit réellement d’une nouvelle espèce. Ils parviennent à ramener un second spécimen, l’examinent et confirment que le serpent possède des caractéristiques qui le différencient des autres espèces connues.

Celui-ci est clairement une espèce du genre Madatyphlops, largement endémique de Madagascar. On sait qu’une espèce de ce genre est déjà présente à Mayotte. Mais ce serpent est plus grand que le Madatyphlops comorensis. Il possède également une bande blanche le long de son ventre, alors que le Madatyphlops comorensis est complètement noir.

Le Madatyphlops eudelini dans toute sa longueur ©Rémy Eudeline

Après avoir modélisé sur ordinateur les crânes des deux serpents, les chercheurs décèlent plusieurs légères différences entre les deux espèces. Il s’agit donc bien d’une nouvelle espèce. Celle-ci est baptisée à partir du nom de son découvreur, Rémy Eudeline.

Il semble que ce serpent soit endémique d’une toute petite zone géographique de 20km2. Celui-ci n’a en effet été observé qu’autour du Mont Bénara, ce qui augmente son risque d’extinction, bien que les chercheurs estiment que cette zone reste pour l’instant raisonnablement préservée.

Cependant, ceux-ci cherchent à faire prendre conscience de la richesse de la biodiversité mahoraise. Les archipels volcaniques possèdent une nature riche et jeune, permettant aux scientifiques d’observer le processus d’évolution en pleine action. La situation géologique des Comores, semblable à celle de Hawaï ou des Galapagos, a en effet engendré une faune et une flore endémiques exceptionnelles. De nombreuses autres espèces animales et végétales attendent d’être étudiées.

M. W.

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