Parc Naturel marin : garder le cap entre touristes, tortues, pêcheurs et coraux

Le Parc Naturel Marin, ça sert à quoi ? La mer, beaucoup d’usagers doivent se la partager, qu’ils soient à pattes ou à nageoires. Ils y arrivent plus ou moins au sein du Parc Naturel Marin de Mayotte qui a étoffé son rayon d’action, et dont les études alimentent désormais des données nationales et mondiales.

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Parc Naturel Marin, Mayotte
Le Parc Naturel marin donne ses actions pour cette année (Photo JDM)

Le Parc naturel marin de Mayotte a été créé le 18 janvier 2010. Il englobe l’ensemble du lagon, des eaux territoriales et de la zone économique exclusive de Mayotte, soit plus de 68.000 km2. La protection de la biodiversité et du développement durable sont les deux axes de son Plan de gestion sur 15 ans. La difficulté de l’exercice en 2010 était de rendre compatible le développement des activités de pêche et de loisirs, avec cette protection du lagon. Ce n’est pas toujours gagné, on l’a vu avec la mesure de limitation d’approche des mammifères marins à moins de 100m qui pourrait rebuter une rare frange de touristes attirée par Mayotte, avaient reproché les opérateurs.

Camera rotative du programme STAVIRO d’observation des poissons (Photo PNM)

C’est pourquoi le conseil de gestion couvre un spectre représentatif, avec 4 représentants de l’Etat, 8 de collectivités territoriales, 13 de professionnels, 6 d’usagers, 3 de protection de l’environnement et 7 personnalités qualifiées.

« Faire de Mayotte un pôle d’excellence en matière de connaissance et de suivi des écosystèmes marins tropicaux et de la mangrove, obtenir une bonne qualité de l’eau dans le lagon, développer une activité de pêche professionnelle hors du lagon, écologiquement exemplaire et pourvoyeuse d’emplois et de produits de la mer pour Mayotte, développer les filières aquacoles respectueuses de l’environnement, faire découvrir le milieu marin et sa biodiversité grâce à l’organisation des activités de loisirs et la professionnalisation des acteurs du tourisme, pérenniser et valoriser les pratiques vivrières et les savoirs traditionnels dans le cadre d’une gestion précautionneuse du lagon », sont quelques unes des orientations stratégiques du Parc.

Avec la crise sanitaire, certaines actions n’ont pas pu être menées en 2020, notamment les sensibilisations et découvertes auprès du grand public et des scolaires. Pour autant, plusieurs évolutions sont à noter sur cette année.

Une carte des récifs

Le nouveau navire Utunda du PNM

Depuis le 1er janvier 2020, les agents du Parc sont salariés de l’Office français de la biodiversité (OFB). L’équipe du Parc naturel marin de Mayotte, de 33 agents, consacre une partie de son temps au Parc naturel marin des Glorieuses. Pour ce faire, un nouveau navire a rejoint en janvier 2020 le premier semi-rigide de 6,30m. Le UTUNDA (« surveiller » en shimaore) de 11,25 m, permettra avec ses aménagements le suivi de la faune et la flore en plongée ou en surface, les prélèvements et analyses, la sensibilisation des usagers, les contrôles de police, etc.

Le budget pour le Parc naturel marin de Mayotte engagé en 2020 s’élève à 1,48 million d’euros et le budget consommé à 0,86 million d’euros.

Les actions menées en 2020 portent sur le suivi du récif corallien, notamment celui bordant les terres émergées, permettant d’étudier les effets des différentes pressions qui s’y exercent, un suivi également des poissons récifaux à l’aide de caméra rotatives, des observations qui ont permis d’établir la cartographie des habitats récifaux de Mayotte.

A noter que l’alerte blanchiment des coraux en raison des températures plus élevées en 2020 que les autres années, a eu globalement « peu d’impact sur les récifs coralliens à Mayotte. »

Le Parc a réalisé un suivi des herbiers intertidaux en 2020 sur 4 herbiers identifiés comme zones d’alimentation des tortues marines, sites proposes par le groupe de travail de l’Initiative française pour les récifs coralliens (Ifrecor) à Mayotte.

Les 27 mangroves identifiées autour de Petite Terre font aussi l’objet de recherches. Un travail est en cours avec le CUFR afin d’étudier le rôle potentiel de Terebralia palustris comme indicateur d’état des pressions naturelles et humaines des mangroves

Afin d’analyser les tendances d’évolution des espèces d’oiseaux menacés comme le héron crabier blanc, à partir desquelles les indicateurs de gestion du Parc pourront être définis, plusieurs travaux de valorisation des données ont débuté fin 2020 et se poursuivront en 2021.

« Les p’tits fundi du lagon », une séquence éveil pour les scolaires

Une aide aux futurs aménagements

Plus généralement, la 1ère orientation du plan de gestion du Parc ambitionne de faire de Mayotte un pôle d’excellence en matière de connaissance et de suivi des écosystèmes marins tropicaux. Pour nourrir ce but, chaque année, le Parc soutient des projets issus de la communauté scientifique. La collecte des données sur la pêche et le contrôle sont aussi de son ressort.

En 2021, de nouveaux projets sont au programme : Le lancement de l’élaboration d’un modèle de courantologie du lagon permettant d’aider à la décision lors d’aménagements ou d’évènements affectant le lagon, l’édition d’un guide des loisirs en mer, une campagne de suivi de l’état des lagons et des récifs éloignés à Mayotte (Zélée) et aux Glorieuses (Geyser, lagons des Glorieuses), le renouvellement du parc de dispositifs de concentration de poissons (DCP) ancrés autour de l’île pour inciter les pêcheurs locaux à aller chercher les ressources en haute mer, l’expérimentation de la pose de filets de récupération des déchets à l’embouchure d’estuaires en partenariat avec les collectivités locales, la mise en place d’un nouveau sentier sous-marin pédagogique à Sakouli.

On peut y ajouter la pose de nouvelles bouées d’amarrage, bien pratique pour éviter aux navires de plaisance d’ancrer et d’abimer les coraux. Ils remplacent peu à peu les anciens corps-morts. Un troisième marché sera publié en 2021 pour prendre le relais sur les prestations de suivi et d’entretien des dispositifs en place, et la pose de nouveaux mouillages. De nouveaux sentiers sous-marins pédagogiques sont en cours d’installation, comme à Sakouli, à la suite d’un essai fructueux à Acoua. Il sera remplacé à la suite de dégradations de l’installation.

Les prises de décisions ont également jalonné toute l’année 2020, ainsi 37 avis, notamment sur des projets d’aménagement ou des campagnes scientifiques, ont été rendus.

La crise du COVID19 ayant bouleversé le calendrier scolaire de l’année dernière, certaines sorties pédagogiques « Les p’tits fundi du lagon » en mer, « impliquant chaque année plusieurs milliers d’élèves », ont été annulées et ont pu être programmées à nouveau sur l’année 2020/2021.

Consulter le Rapport d’activité PNM 2020 Mayotte

A.P-L.

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