Piste longue : après l’avis de l’Autorité de l’environnement, le commentaire de texte du Cesem

Le Conseil économique, social et environnemental de Mayotte (Cesem), s’est réuni en séance plénière virtuelle ce lundi pour plancher notamment sur l’avis rendu fin décembre par l’autorité environnementale quant à la piste longue. L’occasion pour le conseil de rappeler sa volonté de voir les travaux avancer, quitte à omettre quelques éléments de l’avis initial.

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La piste de l'aéroport de Mayotte

C’est peu dire que l’avis de l’autorité environnementale sur la piste longue avait fait grincer des dents. Raison pour laquelle le Cesem s’est saisi de ce sujet qui lui est cher ce lundi en séance plénière. Mais si la première pointait des problématiques souvent ignorées comme l’acheminement des matériaux, le rasage des collines de Petite-Terre et surtout, la pertinence économique du projet, le Cesem ne va pas si loin.

« Disposer d’une piste longue capable d’accueillir des avions gros porteurs constitue en effet un de ces équipements structurants qui garantiront la continuité territoriale entre le Département de Mayotte et la France continentale et donc la zone économique européenne. En cela, cet outil revêt un intérêt supérieur hautement stratégique pour le développement économique et touristique de Mayotte sur lequel le territoire ne saurait faire l’impasse », considère-t-il, alors même que l’avis initial relevait l’inexistence d’études sérieuses prouvant la pertinence économique et touristique du projet.

La raison à cela se trouve peut-être dans ce paragraphe : « de manière générale, le Césem relève le caractère exhaustif de l’analyse menée par l’Ae, ce qui demeure un élément positif. Si l’opportunité de certaines observations peut questionner quant à leur légitimité, il n’en demeure pas moins que le caractère étayé de celles-ci nous interpelle sur le contenu du dossier remis à l’Ae par le maitre d’œuvre ». En d’autres termes, soulever la question économique ne relèverait pas de l’AE.

Mise en place d’un Conseil scientifique de l’environnement

Partant, le Cesem s’en tient à certains éléments environnementaux soulevés par l’AE et suggère « de mettre en place rapidement un Conseil scientifique de l’environnement ». Lequel devrait « dresser l’état initial des milieux (eau, air, sol) basé sur des inventaires naturalistes, des indicateurs (dont bio-indicateurs) au niveau de populations, d’écosystèmes autour de la zone d’étude », selon le Cesem, qui invite par ailleurs à intégrer « dans la démarche de l’écocitoyenneté ou du travail collaboratif, des citoyens (associations environnementales, sentinelles de la nature, pêcheurs professionnels…), dans un dispositif de sciences citoyennes et participatives. »

En attendant, le conseil rappelle « la forte détermination des Mahorais, forts de l’engagement solennel pris par le Président de la République devant eux le 22 octobre 2019, à voir engager enfin les travaux d’allongement de la piste de l’aéroport de Pamandzi. »

« Il convient donc de donner un cadre propice à l’examen de ces points de vigilance, sans pour autant remettre en cause les intérêts supérieurs du territoire et de ses habitants. Un tel exercice subtil suppose donc: un travail préparatoire de « l’état initial » de l’environnement sur la zone d’étude ; la mise en place d’un comité officiel de suivi des questions environnementales soulevées par l’Autorité environnementale ; la mise en place d’un Conseil scientifique de l’environnement sur la zone de d’étude, avec comme mission de pouvoir poser un regard impartial, indépendant, et de conseiller sur l’environnement et la biodiversité maritime et terrestre. » Subtil.

G.M.

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