Couvre-feu, la riposte face à la menace « d’un avenir beaucoup plus sombre »

La présence avérée à Mayotte du variant sud-africain du covid-19 a poussé le préfet Jean-François Colombet à prendre des mesures plus drastiques. Après la fermeture ce samedi des liaisons aériennes en provenance et vers l’étranger, il nous a annoncé ce lundi 18 janvier dans le journal de Mayotte la Première un couvre-feu qui s’appliquera dès jeudi 21 janvier de 18h à 4h pour une durée de 15 jours.

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Ce dimanche, Jean-François Colombet, Préfet de Mayotte, consultait les représentants du monde économique et les forces vives du territoire sur la riposte à apporter à la découverte du variant 501.v2 à Mayotte.

« Si nous ne faisons rien, la situation pourrait devenir très sérieuse », a déclaré le préfet Jean-François Colombet dans le journal de 19h de Mayotte la Première de ce lundi 18 janvier. C’est la raison pour laquelle, devant la présence avérée sur notre île de 4 cas positifs au variant sud-africain du covid-19, il a décidé l’application d’un couvre-feu généralisé qui s’appliquera dès ce jeudi 21 janvier de 18h à 4h pour une durée de 15 jours. « Ce variant sud-africain est de 50 à 75% plus contagieux que la forme que nous avons eu à combattre en 2020 et s’il contamine en masse notre île nous aurons à faire face à beaucoup plus d’hospitalisations voire de morts », a-t-il expliqué pour justifier sa décision tout en précisant que ce couvre-feu avait justement été mis en place pour éviter un reconfinement. « Si on ne fait rien, nous nous dirigeons tout droit vers un avenir beaucoup plus sombre », a encore ajouté le représentant de l’Etat.

Tous les commerces, bars et restaurants devront donc fermer leurs portes dès ce jeudi à partir de 18h et les gens devront rester chez eux. Une décision qui ne va pas faciliter la relance de l’économie mahoraise déjà fortement mise à mal par le confinement de 2020. « Je suis conscient des difficultés des chefs d’entreprise, mais nous sommes face à un fléau qui nécessite des mesures fortes pour se protéger », a déclaré le préfet qui a rencontré justement les chefs d’entreprise le week-end dernier à la Case Rocher.

Une grande priorité : protéger les frontières mahoraises

Devant la menace du variant sud-africain du virus, le préfet pense que protéger les frontières mahoraises constitue l’une des solutions pour éviter la contamination de masse. Après avoir suspendu les liaisons maritimes et aériennes avec l’étranger samedi dernier, il compte à présent « mettre le paquet » pour empêcher l’immigration clandestine. En effet, sur les 4 cas positifs au variant présents à Mayotte, au moins 1 était entré sur le territoire de manière irrégulière. « Nous allons désormais mettre tous les moyens possibles pour empêcher les kwassas d’entrer à Mayotte », a-t-il martelé. Tous les services de l’Etat seront donc à présent mobilisés pour cette mission et même ceux dont ce n’est pas la vocation première. Le préfet a d’ailleurs engagé également des opérateurs nautiques privés ainsi que les différents moyens aériens locaux. « C’est une mobilisation générale », affirme-t-il tout en précisant que sur 100 kwassas détectés, les services de l’Etat arrivent désormais à en intercepter de 80 à 85.

« Les Comores comprennent la situation et acceptent les éloignements », a-t-il ajouté. Mais quid des Français coincés aux Comores suite à leurs vacances ? « Je suis en mesure d’affréter un vol spécial pour les rapatriements, mais nous n’en sommes pas encore là », a-t-il affirmé sur Mayotte la Première sans plus guère de précisions….Pour lui la priorité est en effet de « protéger la santé des Mahorais ». Une septaine est d’ailleurs recommandée pour les personnes arrivant d’un autre territoire français. Conscient que cette dernière est compliquée sur notre île, il envisage des possibilités « d’isolement forcé » tout en précisant que « nous n’en sommes pas encore là ».

Des sanctions renforcées pour les rassemblements de plus de 6 personnes

Si l’interdiction des rassemblements de plus de 6 personnes était déjà de mise sur le territoire, force est de constater qu’elle était peu respectée jusqu’à présent. Le préfet s’est donc réuni avec les maires le week-end dernier pour obtenir leur soutien dans l’interdiction des voulés et autres manzarakas qui fleurissent régulièrement sur l’île. « J’ai obtenu le soutien des élus dans cette mission, ce qui était indispensable car ils sont davantage au courant que moi de ce type d’évènements dans leurs communes respectives », a déclaré Jean-François Colombet. « J’aimerais convaincre plutôt que contraindre, il faut que les gens réfléchissent à la situation, mais l’île est en danger : nous devrons donc être désormais plus sévères ! », a-t-il poursuivi en indiquant que les gens qui se livreront désormais à ce genre de manifestations interdites risqueront « plus que des amendes ». Le terme est certes vague, mais montre la détermination du préfet à « serrer la vis » à partir de maintenant.

N.G

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